Awa Karapiru et Nukak

Awa karapiru 2000 aLa violence est partout en Amérique latine et centrale en ce moment et nos medias n’en font pas état.

Ces peuples : les Awá et les Nukak (un des derniers peuples nomades d'Amazonie) nécessitent une grande vigilance car ils sont en voie d’extinction. Les Nukak, depuis l'arrivée des colons cultivateurs de coca qui se sont appropriés les terres sur lesquelles ils vivaient et chassaient, se trouvent aujourd'hui confinés pour survivre dans des abris précaires à la périphérie des villes ou dans la forêt dévastée par la violence.
Ces peuples se retrouvent confrontés à un véritable “nettoyage ethnique”. Des entreprises agroalimentaires les chassent de leurs lieux de vie pour installer sur leurs terres des plantations illicites de palmiers à huile et des élevages de bovins de boucherie.

Cette fois c’est un rapport publié par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour lesImages 2 réfugiés qui signale la menace de disparition qui pèse sur 34 groupes indiens de Colombie à cause de la violence incontrôlée qui sévit en permanence sur leurs terres depuis que des colons se sont installés pour cultiver massivement la coca.

1e3af873fed334e92f798f65653e9L'ethnie amérindienne Nukak (mot qui signifie « les gens » dans leur langue) vit entre les bassins du Guaviare et de l'Inirida, en Colombie. Elle fait partie des 80 groupes autochtones qui vivent dans ce pays. Les Nukak constituent l’un des six sous-groupes du peuple maku, chasseurs-cueilleurs nomades des sources de l’Amazonie du nord-ouest.

Ces peuples ne représentent que 2% de la population colombienne.

L’assassinat quasi systématique des Indiens de Colombie montre un accroissement important depuis 2008 (hausse de 63% selon certaines sources). 33 indiens awá ont été tués en 2009 dont Luis Socarrás Pimienta, leader wayúu, abattu devant son domicile dans la province de la Guajira au nord du pays. On suppose que cet assassinat est du à un paramilitaire.

Les nukaks sont des chasseurs-collecteurs. Ils vivent en petits groupes familiaux, privilégient la forêtColombia indien nukak 2 isolée aux rivières et sont nomades. Cette grande mobilité implique qu'ils ne possèdent que très peu de biens matériels, ces derniers devant être facilement transportables. Ils peuvent ainsi en quelques minutes rassembler leurs hamacs tissés en fibres végétales (qui constituent leur principal mobilier), leurs ustensiles et quelques autres objets dans des sacs de palmes qu'ils portent sur le dos et repartir. Les groupes familiaux se déplacent en moyenne tous les cinq jours, sur environ 7 kilomètres, reconstruisant à chaque fois une nouvelle maison.

Nukak27Les Nukak se nourrissent de gibier, de singes, de poisson, de tortues, d'oiseaux, de fruits, de noix, de légumes, de tubercules, d'insectes et de miel. Les hommes chassent à l'aide de sarbacanes qui peuvent mesurer jusqu'à 3 mètres aux fléchettes enduites de curare. Les nukaks s'épilent une partie de leur chevelure et se tracent des lignes rouges sur le visage avec une préparation à base de rocou.

Images 3Les maisons maku, construites à l'aide de branchages et de feuilles de palme, ont une structure légère d'une solidité suffisante pour leur procurer un toit et suspendre leurs hamacs. Chaque famille possède son propre foyer utilisé pour cuisiner, se réchauffer et aussi pour consumer certaines plantes afin d'éloigner les moustiques durant la nuit.


Un peuple en danger

Les nukaks ont été découverts en 1988 près du village de Calamar, et depuis, leur nombre a baissé, passant d'environ 1200 individus (un recensement réalisé en 1992 par le ministère de l'intérieur indiquait 1 663 membres) à 500. Cela est dû principalement aux maladies respiratoires qu'ils attrapent au contact de la civilisation.

Leur espérance de vie ne dépasse pas aujourd'hui 43 ans.

91173366Ils ont quitté la forêt amazonienne à cause de la guerre de la drogue faisant rage entre les FARC, les paramilitaires et l'armée colombienne. Entre novembre 2005 et avril 2006, 22 familles représentant 138 individus se sont réfugiées au campement d'Aguabonita près de San José del Guaviare. Le 9 août 2006, le HCR a lancé un appel aux groupes armés pour qu'ils laissent en paix les populations indigènes de Colombie.

En octobre 2006, un leader indien nukak s’est suicidé en ingurgitant un poison utilisé pour la pêche à la nivrée. « Il était désespéré de ne pas avoir réussi à organiser le retour des Nukak sur leur territoire, ce territoire qu’ils aiment et qu’ils veulent récupérer » a déclaré un porte-parole de l’ONIC, l’organisation indigène nationale de Colombie. Ce suicide survient peu de temps après la mort d’un garçon de neuf ans et l’épidémie de grippe qui a touché plus d’un quart du groupe. Depuis leur premier contact avec le monde extérieur en 1988, plus de la moitié du groupe a disparu et de nombreux Indiens souffrent de malnutrition, de diarrhée, de grippe et d'infections respiratoires.

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