Les Arhuacos

 

 

La tribu des Arhuacos se trouve au sein du Parc National de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Les Arhuacos sont une ethnie indigène de la Colombie. Ce peuple est concentré au nord de la Colombie dans la Sierra Nevada de Santa Marta, massif montagneux de la cordillère des Andes.

Les Arhuacos sont issus de la culture tayrona. Leur langue, l'arhuaco, appartient à la filiation des langues chibchanes, de la famille des langues amérindiennes.

Peuple d'agriculteurs et d'artisans, avec une organisation traditionnelle "politico-religieuse", les Arhuacos sont profondément pacifistes. Ils sont cependant souvent impliqués, contre leur gré, dans les conflits dont la Sierra Nevada de Santa Marta est le théâtre.

 

Les Arhuacos comprendraient un nombre de 30 000 personnes.
Leur structure est complexe. Bien que dispersée, la tribu compte un total de 42 communautés distinctes, mais répartis en 22 sections :

  • La Zone Centrale :
    Nabusimake (capitale de la Nation Arhuacos), Yechikin et Busin,
     
  • La Zone de l’Ouest :
    Serankua, Windiwameina, Singunei,
     
  • La Zone du Sud :
    Zigta, Yeurwa, Gumuke, Yeiwin, Seiarukwingumu, Buyuaguenka et Simonorwa,
     
  • La Zone du Sud-Est :
    Wirwa, Yugaka, Karwa,La Zone de l’Est : Sogrome, Donachwi, Timaka, Aruamake, Seinimin and Izrwa.

  • Malgré son éparpillement, la population se réunit dans ces villes pour des réunions et des cérémonies. Néanmoins, Nabusimake reste le centre le plus important. Elle renferme une signification particulière, puisqu’elle est composée de 50 maisons carrées et de temples circulaires, les Kankuras, destinés aux femmes comme aux hommes. 

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    Nabusimake ou "lieu de naissance du Soleil"

Nabusimake se trouve dans le sud-est de la Sierra. C'est une ville ancienne de missionnaires, dont le nom signifie le «lieu de naissance du soleil». C'est à partir de ce lieu, que les Arhuacos commencèrent le processus de récupération de leur territoire dans les années 1980. Ils renvoyèrent les missionnaires et proclamèrent une délimitation: «La Ligne Noire», (Black Line). Une frontière qu’ils établirent autour des montagnes, et qui fut stipulée dans la Résolution n°000002 de 1973, puis modifiée par la Résolution n°837 de 1995 du Ministère de l'Intérieur.

« Cette Ligne Noire passe par les Sites Sacrés que nous avons toujours célébrés et délimite notre Territoire Ancestral remis par notre Mère comme l'héritage du passé pour le présent et le futur. Pour nous, la Sierra Nevada (la Montagne Enneigée) représente une Ville Spirituelle, notre rôle est de la veiller, d'en être les gardiens ainsi que celui du Monde. La Montagne est ce que nous voyons, sentons et connaissons depuis notre naissance, depuis que nos ancêtres nous ont donné vie et nous en sommes à l’origine. Nos pères et nos mères spirituels nous ont donné pour mission de préserver la Sierra Nevada. Toutefois, aujourd'hui la responsabilité de sa préservation appartient à tout le monde.

Nous avons œuvré pour que le gouvernement et la civilisation  respectent les traditions millénaires des peuples de la Sierra Nevada et prennent en compte les pensées  des habitants de cette Kankurwa (maison sacrée) qui est un corps vivant et complet dont nous prenons soin. Jamais, nous ne pourrons le céder, si nous voulons qu'il continue à fonctionner pour le bien de toute l'humanité. Si nos traditions disparaissent, nous perdrons la possibilité de veiller sur le monde et de maintenir son équilibre, nous ne pourrons pas éviter que le soleil s’éteigne et nous devrons alors vivre ce que personne ne désire.»

Le peuple Arhuaco est aussi appelé : Ica, Ika, Ike, Ijka, Aruaco, Bintucua, Bintuka.
En 2014 on dénombrait 27'000 indigènes Arhuacos.

La langue de ce peuple est l'arhuaco dont l'écriture se décline en alphabet latin. L'arhuaco appartient à la filiation des langues chibchanes.

Une partie de la population est monolingue. L'espagnol est principalement parlé par les hommes ainsi que par les jeunes Arhuacos d'âge scolaire.

Les Tayronas, peuple bâtisseur contemporain des Incas, et ascendants des Arhuacos, ont vécu dans une paix relative avec leurs vainqueurs pendant les soixante-dix premières années suivant la conquête espagnole, puis se sont rebellés. La rébellion a été écrasée et les Tayronas ont fui dans la Sierra Nevada de Santa Marta afin de reconstituer leur société.

Les Arhuacos, considérés comme les premiers habitants de La Guajira, en ont été chassés par les Wayuu ou Guajiros. Mais les Wayuu se défient d'eux car ils leur attribuent des pouvoirs, telle la maîtrise de la magie et du surnaturel.

Dans la Nouvelle Géographie universelle, le géographe et écrivain français Élisée Reclus (1830-1905) pose la question de « l'origine de ces Arhuacos, dont le nom coïncide avec celui d'une grande famille de peuples indigènes dans les Guyanes, au Venezuela et au Brésil ? Appartiennent-ils à la même race et descendraient-ils de fugitifs .

Dans le Bulletin (1985) de la Société suisse des Américanistes (en allemand : Schweizerische Amerikanisten-Gesellschaft), édité par le Musée d'ethnographie de Genève, on peut lire : « Il s'agit, en bref, d'un ethnocide pur et simple puisque l'objectif principal n'est autre que de faire disparaître le peuple, la culture et l'identité arhuaco. Face à cette emprise dévastatrice, les Arhuacos commencent la longue et pénible marche.

Depuis les années 1980, les Arhuacos dénoncent les exactions opérées sur leur territoire par les guérilleros et les militaires. La Sierra Nevada de Santa Marta est le théâtre de violents affrontements entre l'armée, la guérilla d'extrême gauche et les groupes paramilitaires d'extrême droite. On compte de nombreuses victimes parmi les indigènes impliqués, malgré eux, dans ces conflits.

Le 12 décembre 1990, trois leaders arhuacos, Luis Napoleón Torres, ex-gouverneur des Arhuacos, Hugues Chaparro, autorité de la zone orientale, et Angel María Torres, secrétaire général de l'organisation ethnique sont assassinés. Ils se rendaient à Bogota afin de s'entretenir avec les candidats indiens aux élections à l'Assemblée constituante colombienne et sont arrêtés par une milice armée.

Peuple profondément pacifiste, les Arhuacos subissent, entre 2000 et 2006, des enrôlements forcés, des vols et des menaces.

Le 8 novembre 2012, le gouverneur Rogelio Mejía a échappé à un attentat où sa voiture a été criblée d'une quarantaine de balles.