indigène d'Equateur

Peuples indigènes d'Équateur

Les peuples indigènes d'Équateur sont les populations d'origine amérindienne, descendant des habitants présents avant la conquête du pays par l'Espagne au XVIe siècle. Ces populations se divisent en treize nationalités officiellement reconnues, la plupart ayant leur langue propre. Les indigènes vivent majoritairement dans la partie andine du pays (nationalité kichwa), mais également dans la partie amazonienne et la zone côtière. Ils disposent également d'organisations représentatives. La principale étant la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (CONAIE), mais d'autres organisations existent, comme la FENOCIN (membre de la Via campesina)), la FEI (historiquemment communiste) ou la FEINE (évangélique).

Les estimations de la population amérindienne de l'Équateur sont extrêmement variables : alors que l'Institut équatorien des statistiques et recensements (INEC, organe gouvernemental) estime en 2001 que la population indigène représente 6,8 % de la population du pays (soit 830 418 personnes), l'Organisation des Nations unies estime ce chiffre à 43 % en 2004 (4 100 000 personnes). Le faible chiffre obtenu par l'INEC peut s'expliquer par le fait que le recensement se base sur la méthode de l'autodéfinition : seules sont comptabilisées les personnes qui « ont accepté d'être indigènes malgré les multiples complications sociales que signifie faire partie de cette population ». Un chiffre (40 %) proche de celui fourni par les Nations Unies est avancé par des membres du mouvement indigène comme le député Gerónimo Yantalema. selon lui, le fait que le chiffre de l'INEC soit plus bas est dû au fait que l'espagnol est la langue exclusive du recensement et que, par conséquent, certaines populations indigènes ne comprennent pas pleinement les questions qui leur sont posées

La reconnaissance des nationalités et peuples indigènes, est une revendication ancienne des populations amérindiennes de l'Équateur, considérant que, sans elle, la préservation de leurs territoires ancestraux, de leurs cultures propres et de leurs modes de vie ainsi que tout développement est impossible. Elle implique certaines formes de fonctionnement autonome.

Les définitions ci-dessous, sont celles adoptées par la CODENPE (Conseil de développement des nationalités et peuples de l'Équateur), instance officielle, représentative et participative, dépendante de la présidence de la république, créée suite à la promulgation de la nouvelle Constitution (1998), laquelle reconnaît nationalités et peuples comme faisant partie de l’État.

  • On entend par nationalité : Le peuple où ensemble de peuples anciens antérieurs et constitutifs de l’État équatorien, qui s’auto-définissent comme tels, ont une identité historique, langue et culture communes, qui vivent en un territoire déterminé suivant leurs institutions et formes traditionnelles d’organisations sociale, économique, juridique, politique et exercices de l’autorité.
  • On entend par peuple indigène : Des collectivités originelles, formées de communautés ou centres ayant une identité culturelle qui les distingue d’autres secteurs de la société équatorienne, régies par un système propre d’organisation sociale, économique, politique et légale. Ce qui signifie que dans une même nationalité peuvent exister plusieurs peuples ayant en commun certaines caractéristiques, comme par exemple une même langue, mais différenciés par d’autres éléments.

Ces concepts ne sont pas synonymes de "Nation" et ne s’y opposent pas. La Nation, désigne l’ensemble des équatoriens et implique le sentiment d’appartenance à un territoire souverain et uni.

Région côtière (Costa) :

Région Amazonienne (Oriente) :

Régions Andine (Sierra) et Amazonienne (Oriente) :

La Nationalité KIchwa, elle-même formant treize peuples :

Région Andine (Sierra) :
Région Amazonienne (Oriente) :
  • Kichwa de l'Amazonie

Ainsi qu'un quatorzième peuple actuellement en processus de recherche et de reconstitution de culture et d'identité :

Région côtière (Costa):
  • Manta-Huancavilca-Puná

Les Afroéquatoriens, principalement originaires de la Costa, sont également représentés à la CONAIE par leur participation à la CONAICE.

Les Afro-Équatoriens sont les habitants d'origine africaine de l'Équateur. Ils sont pour la plupart descendants des survivants
des bateaux négriers qui se sont échoués aux XVIe et XVIIe siècles sur les côtes de l'Équateur et de la Colombie,
ou des esclaves des haciendas de la Costa et de la Sierra libérés à partir des années 1860. Tandis que les premiers
se trouvaient essentiellement dans la province d'Esmeraldas, les seconds étaient dispersés dans tout le pays.

Selon le recensement de 2001, la population afroéquatorienne s'élevait à 604 009 personnes dans le pays,
les provinces comptant la population afroéquatorienne la plus importante étant le Guayas (112 594),
l'Esmeraldas (77 397), et le Pichincha (40 035)
La première arrivée d'hommes africains sur la côte équatorienne se serait produite avec le naufrage d'un navire négrier en 1533. Se métissant avec la population indigène locale, cette population de zambos parvient (selon l'historien Julio Estupiñan Tello) à vivre en marge du pouvoir central colonial puis républicain pendant plus de trois siècles, et ce malgré son incorporation officielle à l'Audience de Quito dès le début du XVIIe siècle. Pendant toute cette période, l'influence africaine sur la culture de la région s'intensifie à mesure que la République des zambos accueille des esclaves fuyant d'autres zones, en particulier les mines du sud-ouest de l'actuelle Colombie
La population afroéquatorienne est essentiellement urbaine (68.7%), a un taux de fécondité de 3,6 enfants par femme légèrement supérieur à celui de l'ensemble de la population (3,2 enfants par femme), mais plus faible que celui des femmes indigènes (5,4 enfants par femmes). Les afroéquatoriennes sont, en Équateur, le groupe présentant le plus important taux de grossesses précoces (entre 15 et 19 ans), en particulier pour celles qui vivent en secteur rural (le taux de grossesses précoces dépasse alors les 150 pour 1000, contre environ 120 pour mille pour le reste de la population). Cette différence peut être due à la fois à des différences culturelles et à une inégalité concernant l'exercice du droit à la santé sexuelle et reproductive par les femmes afroéquatoriennes. La mortalité infantile de la population équatorienne (32,6 pour mille) est relativement proche de celle de la population non indigène et non afroéquatorienne (25,8 pour mille), et beaucoup plus faible que celui de la population indigène (59,3 pour mille)


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Date de dernière mise à jour : 27/07/2014