les A'i Cofán


les A’i Cofán , tribu vivent à la frontière de l’Équateur et de la Colombie.
Il s’agit de l’une des plus vieilles tribus autochtones de l’Amazonie équatoriale
encore présente de nos jours. On dénombre environ 2 000 indiens Cofán aujourd’hui,
répartis entre l’Équateur et la Colombie.  Les Cofán se considèrent comme les gardiens
de la forêt amazonienne et jouent un rôle très important dans la protection de cette forêt.



Histoire des A’i Cofán

Le peuple Cofán descend de tribus autochtones qui utilisaient des langues chibchanes et vivaient en Colombie et en Équateur bien avant l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique du sud. Leur langue est l’A’ingae et ils se présentent souvent comme des « A’I ». Ils se sont très tôt établis le long de plusieurs rivières du bassin amazonien. Chaque ville ou village était autonome, mais ils s’unissaient dès qu’ils avaient à faire face à une menace commune.
Les A’i Cofán ont toujours vécu dans la forêt amazonienne, appelée aussi « Oriente ».
Il s’agit de l’une des quelques forêts tropicales qui existent encore sur terre, et c’est une des plus grande : elle s’étend sur plus de la moitié de l’Équateur. Comme cette forêt constitue l’habitat d’une telle variété d’animaux et de végétaux, elle est au centre de nombreux débats entre écologistes et compagnies pétrolières. D’après l’Ecuador Explorer, « un arbre de la forêt amazonienne peut abriter plus d’espèces de fourmis que toute l’Angleterre réunie, un hectare de forêt peut se vanter d’abriter autant d’espèces de grenouilles que toute l’Amérique du Nord, et cette vaste étendue de jungle contient plus de vingt pour cent des plantes vasculaires (c’est-à-dire possédant de la sève). »
Foret foret equatoriale primaire opus3aDans le passé, les A’i Cofán étaient surtout chasseurs-cueilleurs et pratiquaient l’échange. Ils voyageaient le long de l’Amazone et de ses affluents pour trouver du tissu, du sel et des perles naturelles. A la fin du 16ème siècle, on estime que la population Cofán se situait aux alentours de 15 000 à 50 000 personnes. Lorsque les Espagnols arrivèrent, la population fut décimée par la guerre et les maladies. Vers 1900, seuls restaient quelques centaines d’A’i Cofán, les autres ayant pour la plupart succombé aux maladies apportés par les colons, comme la petite vérole, la rougeole, la tuberculose ou la malaria.

Le Problème du pétrole
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Dans les années 1940 et 1950, la population des Cofán était toujours au plus bas et de nouveaux dangers menaçaient leur mode de vie. A cette époque, ils vivaient principalement sur les rives des Rios Guamuéz, San Miguel et Aguarico, dans la région frontalière entre le sud de la Colombie et le nord de l’Équateur. Ce fut le début de la rapide expansion de l’industrie pétrolière dans la forêt tropicale. La compagnie Shell Oil fut la première à s’intéresser à cette région, pour y effectuer d’éventuels forages. Cependant, les opérations de forage revenaient plus cher qu’elles ne rapportaient et Shell se retira. Vers les années 60, Chevron, connu à cette époque sous le nom de Texaco, commença à forer au nord-est de l’Équateur, pour trouver du pétrole.
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Dès 1966, les conséquences écologiques de l’exploitation pétrolière étaient évidentes. Des poissons morts étaient retrouvés dans les rivières et les ruisseaux. Lorsqu’on les consommait, les poissons avaient un goût prononcé de pétrole. D’après Rainforest Action Network, soixante-dix millions de mètres cubes de déchets toxiques furent relâchés dans les cours d’eau de la forêt Amazonienne, à cause de pratiques mal gérées.
Le territoire Cofán dut également subir d’autres menaces.

pollution du Lago Agrio en 2007
En 1972, une route fut construite entre Quito et Lago Agrio, permettant à davantage de colons d’accéder à la jungle. Le gouvernement offrait 50 hectares de terrain aux colons qui étaient prêts à raser la forêt pour la remplacer par des cultures. Les besoins des peuples indigènes qui, depuis des siècles, chassaient et cueillaient des plantes dans ces forêts, furent totalement ignorés.
À cette époque, une famille de missionnaires américains, les Bormans, vivaient avec les A’i Cofán. Ils tentèrent de négocier avec le gouvernement pour permettre aux Cofàn de créer une réserve, en 1965, mais le gouvernement ne se montra pas intéressé.
Vers 1974, la colonie Cofán de Dureno continuait à être menacée par l’industrie pétrolière et les colons.
Avec la disparition de leurs moyens d’existence, les autochtones cherchèrent de nouvelles façons de survivre et virent dans l’écotourisme une option qui ne détruirait pas les forêts qu’ils essayaient de protéger. Comme la région entourant Dureno avait été transformée en zone agricole commerciale, un groupe d’indigènes de Dureno établit un nouveau village, le Zabolo, plus bas sur la rivière et plus près de la frontière séparant l’Équateur du Pérou. Les villageois de Zabolo décidèrent de focaliser leur attention sur la préservation de la forêt qui était en train de disparaître, ainsi que la protection de ses créatures et fut intégré à la réserve naturelle de Cuyabeno en 1991.
     
Les A’i Cofán aujourd’hui
Aujourd’hui, la population Cofán est remontée à plus de deux mille personnes. La plupart d’entre elles vivent en Équateur, mais plus de 500 membres de ce groupe indigène vit en Colombie. En Équateur, les Cofán sont de fermes partisans de la préservation de la forêt tropicale. Ils font non seulement partie de la réserve de Cuyabeno, mais sont également en charge de la réserve de Cofán-Bermejo depuis 2002.
Pour leur permettre de mieux protéger leurs terres, les Cofán ont fondé en 1999 la Fundacion Sobrevivencia Cofán  (fondation pour la survie du peuple Cofán). Le fondateur et directeur de cette fondation est Randy Borman, fils des missionnaires américains qui travaillèrent avec les Cofán à partir des années 50. La mission de la fondation est de se consacrer à la « biodiversité, la protection et la recherche, afin de préserver ses territoires ancestraux et leurs ressources naturelles, de développer des alternatives permettant l’apport de revenus basés sur de bonnes pratiques environnementales et d’éduquer les plus jeunes. » (www.cofan.org, site en anglais).
Ils ont récemment obtenu une récompense : la « 2013 MacArthur Award for Creative and Effective Institutions ».

Les projets de la fondation comprennent, entre autres, un programme de repeuplement des tortues dans cette région, le Charapa Turtle Project, un programme destiné à former des rangers autochtones à la protection des terres et de leurs ressources, le Cofán Ranger, ainsi que des programmes de gestion du carbone ou de contrôle de l’eau. La pollution de l’air et de l’eau sont en effet deux préoccupations majeures dans la forêt amazonienne.

Ils ont aussi mis au point une nouvelle ligne de canoës écologiques, appelés EcoCanoa. Traditionnellement, les guerriers Cofán construisaient leurs canoës, dans le bois d’un arbre vieux de deux cents ans, en utilisant des techniques ancestrales particulières. Cependant, avec les préoccupations actuelles concernant la disparition rapide de la forêt tropicale, ils comprirent qu’ils devraient se tourner vers une alternative qui protègerait les arbres, tout en cadrant avec les besoins spécifiques de la vie en Amazonie : des bateaux rapides seraient trop petits et provoqueraient une érosion des berges des cours d’eau, et des canoës en métal seraient trop lourds à porter et ne dureraient guère. Finalement, en collaborant avec la Proyecto Petramaz de l’Union Européenne, ils découvrirent que la fibre de verre constituerait le matériau idéal pour leurs canoës.
D’après la Cofan Survival Fund, « les rangers Cofán ont stoppé la déforestation à l’intérieur des 400 000 hectares de territoire dont ils ont la charge, alors qu’alentour, les forêts continuent à être détruites à un rythme de plus de 0,5% par an.
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Ils ont découvert plus de 40 espèces ou genres différents, inconnus des scientifiques, et plus de 25 espèces ou genres différents, non encore répertoriés dans l’Équateur. » Des espèces menacées, comme la loutre géante, le lamantin, l’ours à lunettes, le tapir des montagnes, ont également été découverts dans ces régions.