Les Kichwa Kayambis

Photo d' Equateur : Otavalo
Les kayambis sont l'un des peuples indigènes d'Équateur, appartenant à la nationalité kichwa. Ils vivent dans le sillon interandin et dans la cordillère orientale, dans les provinces d'Imbabura, Napo et Pichincha. Ce peuple compte 147 000 membres, dont 120 000 dans le province du Pichincha, 27 000 dans la province d'Imbabura et 350 dans le Napo. Ces habitants sont organisés en 131 communautés. Les principales activités des kayambis sont l'agriculture, l'élevage (en particulier les produits laitiers) et l'artisanat.

Plusieurs kayambis sont, ou étaient, des dirigeants importants du mouvement indigène équatorien, dont Tránsito Amaguaña (1909-2009), Dolores Cacuango (1881-1971), et Humberto Cholango

Description de cette image, également commentée ci-après

Timbre équatorien émis en 2009 en hommage à Tránsito Amaguaña

Tránsito Amaguaña est une militante indigéniste équatorienne appartenant au peuple kayambi, née le 19 septembre 1909 près de la ville de Cayambe, morte le 10 mai 2009 au même endroit. Elle participe au mouvement de grève des travailleurs indigènes impulsé par le Parti communiste et des syndicats proches de lui dans plusieurs haciendas de la région en 1931, réprimée par l'armée. Tránsito Amaguaña part alors se réfugier pendant quinze ans à Yanawaico, près de Cayambe, où elle rencontre la leader indigène Dolores Cacuango. Elle est cofondatrice en 1944 avec Jesús Gualavisí, dirigeant communiste indigène, et Nela Martinez, entre autres, de la Fédération équatorienne des indigènes, FEI, dont Dolores Cacuango sera secrétaire générale.

Avec la FEI, Tránsito Amaguaña lutte alors pour l'établissement de l'enseignement bilingue (kichwa-espagnol), mis en place dans la région de Cayambe dès 1946 avec des enseignantes bénévoles, l'amélioration des conditions de travail des indigènes qui travaillaient dans les haciendas (fin du système du huasipungo, journée de huit heures etc.). La fin du huasipungo, qui faisait que les indigènes devaient louer leur maison et leur lopin de terre au prix de leur travail, est décrétée en 1964 et, petit à petit, selon un processus qui dure jusqu'aux années 1980, les indigènes deviennent propriétaires des terres qu'ils cultivent.

Tránsito Amaguaña a vieilli dans la communauté de La Chimba où elle est née (mais qui faisait alors partie de l'hacienda de Pesillo). Elle se voit attribuer en 2003 le prestigieux prix Eugenio Espejo, assorti d'une pension à vie. Elle meurt en mai 2009

 



Dolorès Cacuango, surnommée Mama Dulu, née le 26 octobre 1881 à San Pablo Urco (canton de Cayambe) et morte le 23 avril 1971 à Yanahayco (Cayambe) est une dirigeante indigène emblématique de l'Équateur. Elle consacre sa vie à la défense de la langue kichwa, en particulier en créant les premières écoles bilingues (kichwa-espagnol), et à la lutte des indigènes pour l'accès à la terre, faisant partie des fondateurs de la FEI (Fédération Équatorienne des Indiens). Après avoir passé toute sa vie dans la pauvreté, elle est aujourd'hui reconnue comme une pionnière dans la lutte pour les droits des indigènes en Équateur

 



Manuel Humberto Cholango (né en 1976) est un militant politique équatorien d'origine Kichwa Kayambi.Membre du peuple kayambi, dans le nord de l'Équateur, il milite très jeune dans les mouvements des peuples indigènes qui revendiquent la récupération de leurs terres, le droit à pratiquer la médecine traditionnelle et à être reconnu officiellement au sein de l'État.
Humberto Cholango participe au renversement des présidents Abdalá Bucaram, en 1997, et Jamil Mahuad, en 2000, avec comme moyens d'actions des grèves, des marches pacifiques et la désobéissance civile.

Diplômé en gestion locale et développement, il devient en 2003 le président d'ECUARUNARI, la Confédération des Peuples Quechuas des Andes équatoriennes, une des plus grandes organisations indiennes du pays. Humberto Cholango est un « intellectuel organique » au même titre que son compatriote Luis Macas, président de la CONAIE et premier amérindien à devenir ministre, mais qui démissionna devant le revirement de Lucio Gutiérrez, converti au néo-libéralisme et soutenant la ligne pro-américaine des États-Unis.
Farouche opposant au néo-libéralisme, il est emprisonné durant vingt-quatre heures en décembre 2003, en raison de ses critiques envers la politique pro-américaine du président Gutiérrez. Humberto s'est aussi battu pour l'expulsion, en avril 2006, de l'entreprise pétrolière américaine Oxy, implantée dans le Nord du pays, en pleine Amazonie. Mais, il lutte également à une autre échelle, celle de l'Abya Yala, nom donné au continent par les Amérindiens avant l'arrivée des conquistadors.

Dirigeant de la Coordination des organisations andines (COIA), il veut faire prendre conscience aux peuples indigènes que c'est en s'unissant qu'ils parviendront à imposer leurs idées et leurs droits légitimes à l'échelle de l'Amérique latine. Un souhait réitéré, en présence de son ami et « frère » Evo Morales, premier président Aymara de la Bolivie, lors du IIIe sommet continental des Peuples et Nationalités Indigènes d'Abya Yala, qui s'est tenu au Guatemala en mars 2007.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 29/07/2014