les Yaruro

 

Politic


Les Indiens Yaruro, qui se désignent entre eux par le terme de « pume »,
vivent dans les Llanos vénézuéliens, les savanes tropicales, qui bordent la
rive gauche de l'Orénoque. Ce sont des pêcheurs, chasseurs, collecteurs et
agriculteurs dont la culture originelle s'est déjà fortement altérée. On ignore
tout encore de leur passé. Quant à leur dialecte il n'a été classé jusqu'à présent dans aucune des familles linguistiques sud-américaines connues. Les observationsqu i composent cet article proviennent d'enquêtes effectuées sur place entre 1947 et 1950 par l'auteur.

Le territoire

A l'heure actuelle le territoire peuplé par les Indiens Yaruro s'étend approximativement entre les 6,30 et 7,30 degrés de latitude Nord et les 67 et 69,30 degrés de longitude Ouest. Le gros de la population, qui est celle ayant fait l'objet de nos enquêtes, vit le long des rives du Capanaparo et d'un de ses affluents, le Riecito, soit surquelque 400 kilomètres de rivière.
Le reste est dispersé au Nord du Capanaparo, sur l'Arauca, le Cunaviche et les rivières voisines, et au Sud, sur les rives de l'Orénoque entre les embouchures du Capanaparo et du Cinaruco et près des rivières situées entre le Capanaparo, le Riecito et le Cinaruco. Capture 2

Toute la région située au Nord du Capanaparo, les rives de l'Orénoque et une portion des rives du Capanaparo lui-même — en remontant le courant, la partie nord jusqu'au confluent du Riecito et la partie sud sur 220 kilomètres jusqu'à la Madré vieja Basiliero — sont peuplées par des paysans vénézuéliens des Llaneros, qui occupent ainsi une partie du territoire yaruro. Sur les autres frontières les voisins des Yaruro sont des Indiens. Ils seraient à l'Ouest des Cuiba et au Sud des Guahibo et des Chiricoa  En outre des Amburua venant du Sud auraient des contacts intermittents avec eux. Quant aux Otomaco dont le territoire se serait étendu jadis au Nord du Capanaparo, il ne reste plus d'eux que quelques survivants devenus paysans vénézuéliens
et ayant tout oublié de leur ancienne culture.


La population yaruro se divise en petites communautés à base économique, établies à proximité des cours d'eau et se composant de quelques familles groupées sous l'autorité d'un même chef.
Le long du Capanaparo et du Riecito que nous avons reconnus, elles sont: au nombre d'une trentaine échelonnées irrégulièrement sur les 400 kilomètres de rivière

Chaque communauté comprend de 10 à 30 individus, enfants inclus (moyenne 17,9) répartis en une ou plusieurs habitations dont le type varie en fonction et de la nature du terrain et de la saison x.
Le premier type (I)
est une maison droite à base rectangulaire (parfois ovale) de 3 à 4 mètres de large sur 5 à 7 de long et 3 à 4 de haut, sans parois et cou verte d'un toit de paille ou de palmes à deux versants, ouvert ou fermé à une ou aux deux extrémités et protégeant des pluies. Elle est construite sur le sol dur des rives hautes que n'atteignent pas les inondations de la saison des pluies. Index 7
Le second type (II)
est une petite hutte basse (l'homme ne peut s'y tenir debout) à base ronde (H a) ou oblongue (II b) également sans parois et couverte d'un toit de palmes hémisphérique (II a) ou à deux versants (II b) protégeant des pluies ; elle est dressée sur le sol mou soit des dunes de sable et des plages élevées hors d'atteinte des inondations (II 1), soit des plages libérées par la baisse des eaux.Dsc05900a
Le troisième type (III)
est un abri de même hauteur que la hutte précédente, il n'est parfois qu'une des huttes du type II recouvertes de quelques palmes ; il se compose de branches feuillues destinées à protéger des rayons du soleil, on le dresse sur les plages basses de sable que ne recouvrent plus les eaux.

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Le premier type (I) et le second construit sur une dune de sable ou une plage élevée hors d'atteinte des inondations (II 1 a ou b) sont ceux qu'utilisent les Yaruro en saison des pluies, lorsque les rivières débordent de leur lit et inondent la savane. Dès que le niveau de l'eau commence à baisser, ces quartiers d'hiver sont abandonnés pour des huttes du second type, mais construites sur des plages basses (II 2 a ou b) dont le toit les protège des pluies qui persistent encore. En pleine saison sèche, lorsque ces dernières cessent de tomber et que seule une protection contre le soleil devient nécessaire, ils utilisent le troisième type (III) qu'ils installent, en se rapprochant davantage de l'eau, sur le sable que le niveau de la rivièreDsc06175a continuant à baisser a fraîchement libéré. Avec le retour des premières pluies ils suivent en sens inverse ce même pro
cessus, mais en sautant le type de transition, c'est-à-dire en réintégrant directement leurs habitations hivernales. Le type le plus répandu de l'habitation hivernale, est le type I. En hiver, le
type II ne se rencontre qu'exceptionnellement ; on en trouve dans 9 commun autés (dont 3 sont également du type I) sur 30 lorsque le type I est temporairement inexistant ou inutilisable : détruit et non reconstruit

L'état sanitaire des Yaruro est extrêmement médiocre dans l'ensemble. Les examens de sang sur lames, effectués par le professeur Mayer de l'Institut d'Hygiène de Caracas, sang prélevé sur quelques-uns d'entre eux, ont révélé des signes d'anémie grave et une éosinophilie très forte.
Ces Indiens souffrent tous plus ou moins, et principalement pendant la saison des pluies, de rhumes, de bronchites, de pneumonies, de furonculose, d'accès fébriles grippaux ou paludiques, de maux de tête, de caries et d'abcès dentaires, de douleurs sans doute rhumatismales et d'inflammations glandulaires. Les rhumes, les bronchites, les accès fébriles et surtout les pneumonies ont fréquemment des conséquences mortelles. Nous supposons également que
les Yaruro sont atteints d'amibiase et d'ankylostomiase.

L'ankylostomiase est une infection parasitaire due à des vers de la classe des nématodes (Ancylostoma duodenale ou Necator americanus). Certains sujets présentent des signes cliniques de la maladie mais d'autres sont porteurs sains.

Les vers adultes vivent dans l'intestin. L'éclosion des oeufs donne naissance à des larves qui sont éliminées dans les selles. Dans le milieu extérieur, les larves deviennent des larves infestantes, contaminent l'homme en pénétrant à travers la peau et passent dans la circulation sanguine. Elles sont alors transportées dans les poumons où elles quittent la circulation sanguine pour se retrouver dans les voies respiratoires puis le pharynx (gorge) pour être ensuite avalées. Lorsqu'elles atteignent l'intestin grêle, elles deviennent des parasites adultes et se nourrissent de sang.

l' amibiase, est une maladie infectieuse due à un parasite microscopique, un protozoaire hématophage dénommé Entamoeba histolytica, transmis par l'eau contaminée.

Elle entraine une infection gastro-entérite de type dysentérique (diarrhée accompagnée de sang et de mucus), qui se propage sur un mode épidémique et fait de très nombreux morts dans les pays en voie de développement. Outre l'atteinte digestive, le parasite peut également infecter d'autres organes tels le foie, le poumon et le cerveau.

Le traitement repose essentiellement sur un antibiotique et antiparasitaire, le métronidazole.

 

 

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