les Houmas

 

Les Indiens Houmas francophones

1820-1840 environ, les indiens Houmas résident principalement le long des bayous Grand Caillou, Petit Caillou, Du Large, Terrebonne, Pointe-aux-Chênes, et Lafourche, au sud et au sud-est de la ville de Houma. Certains d'entre eux habitent au sud des paroisses Plaquemines, Jefferson, et Saint Bernard. Beaucoup habitent également dans les villes.

 

                              

L'intersection du bayou Lafourche et du Gulf Intracoastal Waterway à Larose en Louisiane.

Résultat de recherche d'images pour "Houma city"

                

          
HISTOIRE
   Image illustrative de l'article Hernando de Soto (conquistador)
                              René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle                  Hernando de Soto                                           
À l'arrivé
e des Européens, à la fin du XVIIe siècle, les Houmas occupaient les plateaux au-dessus du confluent du Mississippi et de la rivière Rouge, vers Angola (le pénitencier louisianais au nord de Bâton Rouge). C'est là que l'explorateur français La Salle les rencontra en 1682. L'espagnol De Soto avait déjà marqué les villages Houmas sur ses cartes dès 1540. La limite de leur territoire était marquée par le célèbre Istrourna ou « Bâton Rouge » décrit par Iberville. Les Houmas étaient agriculteurs donc sédentaires. Cela leur a permis de développer musique, danse, art, sports et religion. Leur temple était décoré de splendides sculptures peintes. Un feu sacré y consumait les os des chefs les plus vénérés. L'écrevisse aux pinces dressées était l'emblème de guerre des Houmas, et la plume d'aigle leur emblème de paix. Quelques experts avancent que les Houmas et les Choctaws sont liés, mais cela n'est pas prouvé. Houma est cependant le mot choctaw pour rouge.

À cause des tensions coloniales entre les
Français et les Anglais, et après l'invasion des Tunicas, en 1706, les Houmas se replièrent brièvement sur le Bayou Saint-Jean à La Nouvelle Orléans, puis sur les deux rives du Mississippi autour de Burnside (Plantation Houmas) et de Donaldsonville. Beaucoup de Houmas restèrent dans cette région tout au long du XVIIIe siècle.

En 180
6, après la vente de la Louisiane (1803) par Napoléon Bonaparte, le président Thomas Jefferson ordonne le recensement de toutes les tribus indiennes. Ses envoyés, MM. Clark et Sibley, convoitant leurs terres, déclarent la disparition quasi totale des Houmas. M. Clark s'approprie environ 10 000 hectares près de Burnside. Vers 1820, sous la conduite de leur chef la plus célèbre, Rosalie Courteaux ou Couteau, ils se réfugient plus au sud, établissent le village de Tchoufouhouma, là où se trouve aujourd'hui la ville de Houma. Rosalie achète pour son peuple une importante surface de marais en bordure du golfe. Beaucoup de Houmas s'installent à cet endroit. Bien qu'ils aient continué à être agriculteurs lorsque c'était possible, leur nouvel environnement les a obligés à devenir chasseurs, pêcheurs et trappeurs.

Les Houmas vivaient dans des maisons en latanier qui les protégeaient merveilleusement bien du froid et de la chaleur. Ces maisons rectangulaires étaient autrefois disposées autour d'un temple rond. Ce type de maison est resté en usage pendant l'été jusque dans les années cinquante.
À cette époque l
es Houmas ont hésité à se faire reconnaître car ils avaient peur de se faire parquer en réserves ou de se faire déporter sur le « chemin des larmes » (exil forcé par le gouvernement américain, des indiens vers le Territoire des Indiens connu aujourd'hui sous le nom d'Oklahoma). Ils ont donc choisi de rester sur les terres dont personne ne voulait à l'époque, absorbant les tribus de Louisiane qui disparaissaient peu à peu.


À partir de 17
65, les Acadiens chassés du Canada viennent s'installer eux aussi dans ces mêmes régions. Ils apprennent des Houmas comment survivre dans ces territoires pas toujours accueillants.
C'est a
près 1920, que le dernier bouleversement survient dans la vie des Houmas et des Acadiens : ils perdent la plupart de leurs terres et de leurs marais. Ne sachant pas lire et ne parlant que le français, ils ont été victimes de spéculateurs sans scrupules, envieux de terres sous lesquelles on venait de découvrir gaz et pétrole.

Les
Houmas avaient d'autres batailles à livrer. Dans le système d'éducation ségrégationniste noir/blanc de la Louisiane, les indiens n'avaient aucune place. Interdits d'école parce qu'indiens, les Houmas ne seront admis dans l'enseignement public qu'après 1964. Jusqu'en 1975, ils étaient punis à l'école s'ils parlaient français.

L
a Nation unie houma (United Houma Nation) a été formée en 1979. C'est la fusion de deux tribus houma, reconnues par l'État de Louisiane : l'Alliance houma et les Tribus houma. Ils font partie du Conseil intertribal de l'État. Leur demande de reconnaissance fédérale a été refusée en 1994. Un appel est en cours. On espère une réponse favorable en l'an 2000.

ORGANISATION
Les a
ffaires de la tribu se traitent en conseil tribal. Ce dernier se compose de 14 membres, élus par régions (et proportionnel au nombre d'habitants Houmas). Le conseil est présidé par un chef élu par ses pairs. Le chef peut être indifféremment homme ou femme. Le chef actuel est Brenda Dardar. Elle a été précédée par deux chefs femmes et un chef homme.
Le conseil tribal
s'occupe de programmes d'éducation, de surveillance médicale, de la transmission de la culture et des traditions chez les jeunes, et de soutien des anciens. Ils ont deux pow-wows par an où ils se rassemblent pour des danses traditionnelles sociales. Ils ont aussi des fêtes plusieurs fois dans l'année. Souvent ils invitent d'autres tribus à participer. À cette occasion, on peut goûter à leur cuisine et admirer leur artisanat.

POPULATION
Les Hou
mas sont environ 17 000. La plupart d'entre eux résident le long des bayous au sud de la Louisiane en bordure du golfe du Mexique. Cinquante pour cent d'entre eux parlent français.

LANGUE

La langue houma était très pro
che de la langue choctaw. Elle appartenait au groupe linguistique muskogien. Pour des raisons commerciales, la langue houma est remplacée peu à peu par le muskogien ou mobilien.
Puis, après
I'arrivée des français, au cours du 18e siècle, la langue houma-mobilienne est peu à peu remplacée par le français. Aujourd'hui, l'anglais commence à remplacer le français, surtout depuis l'ouverture de l'accès à !'éco!e en 1964.

IDÉOLOGIE ET SPIRIT
UALITÉ
La religion traditionnel
le transparaît dans la philosophie et la vie quotidienne des Houmas. L'harmonie avec la nature domine la spiritualité houma. Le respect et l'amour de la terre et de l'eau sont profondément enracinés. La terre et l'eau sont à la disposition des êtres humains pour leur usage. Il ne faut pas en abuser. Les traiteurs et les traiteuses ont utilisé et utilisent toujours cette connaissance de la nature pour le bien-être de tous.
L
'idée de propriété a été une notion difficile à faire entrer dans la mentalité d'un peuple pour qui la terre et toutes les ressources naturelles, étaient à tout le monde.
En parallèle avec la reli
gion traditionnelle, le catholicisme est très répandu. Il y a aussi un grand nombre de Méthodisteset de Baptistes.

LA VIE FAMILl
ALE
Le sens de la famille est tr
ès profond chez les Houmas. Les familles sont plutôt nombreuses et unies. Ils ont un sens très fort de la vie de la communauté. Ils sont très hospitaliers.
Ils habitent des maisons semblables aux habitations de beaucoup d'Américains. Il y a néanmoins beaucoup de personnes qui logent dans des habitations provisoires à la suite de la destruction de leurs maisons par I'ouragan Andrew en 1992.

LES ENFANTS
Le
s enfants Houmas sont intégrés dans le style de vie américain. Ils vont à l'école en anglais et ont des camarades de classe anglophones. Ils n'ont pas encore d'école d'immersion, mais il y en a un projet pour la rentrée 1998. Ils ont un programme FLS (français langue seconde) depuis 1994.

LES SPORTS, LES JEUX
ET LES JOUETS
Il existait, autrefo
is, chez les Houmas des jeux semblables aux jeux des autres tribus du sud-est des États-Unis. L'un d'eux ressemblait fort au jai alai. L'autre, appellé chunkee, se jouait avec un gros disque en pierre et des bâtons en bois. Aucun de ces deux jeux n'existe aujourd'hui.
Par co
ntre, la fabrication de jouets se fait toujours. Il y a encore des personnes qui fabriquent des paniers ou des poupées en mousse espagnole. D'autres travaillent le bois pour faire les reproductions des outils en miniature pour les enfants tels que des pagaies et des pirogues.

LA CUISINE
Ce sont les Houmas qui ont en parti
e influencé la célèbre cuisine cadienne. Les fruits de mer locaux, le maïs, les herbes et les épices des environs faisaient partie intégrale de la nourriture des Houmas.
L'écrevisse fait exception car
c'est le symbole de la tribu. Il fallait être très pauvre et n'avoir rien d'autre à manger pour en consommer. Aujourd'hui, certains Houmas n'en mangent jamais par principe.
Le gombo filé qui est un de
s plats les plus connus chez les Cadiens aujourd'hui a pourtant eu son origine chez les indiens du sud de la Louisiane. Le filé est obtenu en pilant les feuilles de saxifrage.

ARTISANAT
L'artisanat a
joué un rôle crucial dans la vie des Houmas. Les feuilles de latanier leur ont procuré des toits protecteurs contre la chaleur et le froid. Avec ces mêmes feuilles on produit encore des chapeaux, paniers et balais. Jusqu'au début du siècle, les Houmas fabriquaient des sarbacanes pour la chasse au petit gibier. La mousse espagnole a fourni de confortables matelas et des rembourrages de sièges de voitures. Aujourd'hui, elle ne sert plus guère qu'à faire des catins ou poupées. On fait encore des objets en bois : appeaux, pirogues et sculptures de toutes sortes.

ÉCONOMIE
À I'origine, les Houmas éta
ient agriculteurs. Ils ont dû s'adapter à la vie de chasseurs-pêcheurs pour survivre dans les bayous. À défaut de l'ours, et du bison aujourd'hui disparu, ils chassent le cocodrie (l'alligator), le canard, et ils pêchent la chevrette (la crevette), le crabe et l'écrevisse.
Les Houmas ont toujours été d'excellents constructeurs de pi
rogues et de bateaux de pêche. Aujourd'hui, les chantiers navals de Larose, entre autres, emploient beaucoup de Houmas.
Bien sûr, aujo
urd'hui, en plus des métiers de pêcheurs, piégeurs, chasseurs, et artisans, les Houmas participent à tous les métiers comme les autres Louisianais. Ils sont aussi médecins, professeurs, avocats, et vivent avec les ordinateurs.
Malheureusement, bien que résidant en bor
dure des champs pétroliers, ils n'en tirent que peu de bénéfices.

1 vote. Moyenne 4.00 sur 5.

Date de dernière mise à jour : 18/07/2014