PEUPLES AMERINDIENS indiens des Amérique

Athapascan

 

Athapaskan
Gravure représentant des Athapascans en costumes traditionnels

 

 

 

Athapascan 

 

 

 

 

 

 

Publié le par François Hameau "Peuple indien du nord-ouest du Canada et de l’Alaska"

Divisés en de nombreuses petites tribus, la plupart des Athapascans continuent à mener la vie rude des chasseurs-trappeurs du Grand Nord. Une migration athapascane en direction du sud a constitué à partir du Xè siècle les Apaches et Navajos.

Les Athapascans comprennent deux groupes bien distincts.
Le groupe demeuré au nord, formé des Athapascans proprement dits qui s’appellent eux mêmes Denes (le peuple) vit dans la province canadienne des Territoires du Nord-Ouest, (le Yukon à l'ouest le Nunavut à l'est et par la Colombie Britanique, l'Alberta et le Saskatchewan au sud) ainsi que dans le sud de l’Alaska.

Les principales nations athapascanes établies au voisinage du Grand Lac de l’Ours et du Grand Lac des Esclaves sont les Chippewyans, les Beavers, les Dogribs, les Slaves et les Yellowknives, celles de l’ouest, les Carriers et les Chilcotins. Les Athapascans d’Alaska sont les Kutchins, les Ingaliks, les Ahtenas et les Tananas.

Territoire du nord ouest

Tous ces peuples, vivant dans un milieu naturel particulièrement hostile, étaient essentiellement des trappeurs et des chasseurs de caribous et d’élans. Ils habitaient de petites tentes coniques aisément transportables par traîneaux à chiens. Leur vie était extrêmement rude, surtout celles des femmes.

Ceux des Athapascans qui ont émigré entre le Xè siècle et le XIVè siècle vers le sud-est des actuels Etats-Unis allaient constituer les grandes nations des Navajos et des Apaches.

Le peuple athapascan

Qui sont les Athapascans du Nord?

« La terre, et tout ce qu’elle procure aux nôtres, est la véritable essence du mode de vie déné. Notre religion est issue de la terre, notre existence est issue de la terre, nos puissants remèdes sont issus de la terre, notre mode de vie est issu de la terre. »
George Blondin, Nation dénée, 1984

Les Athapascans, peuple indigène des régions subarctiques ouest d’Amérique du Nord, parlent de nombreuses variantes d’une langue appelée l’athapascan du Nord. Les Navaho et les Apaches, qui parlent aussi des dialectes de la langue athapascane, habitent dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord. De nos jours, de nombreux Athapascans, particulièrement ceux habitant les Territoires du Nord-Ouest canadien, préfèrent qu’on les appelle « Dénés », ce qui dans leur langue signifie
« peuple ».

Dans la tradition, les Dénés vivaient en petites tribus disséminées de part et d’autre d’un vaste territoire s’étendant presque, à l’est, jusqu’à la baie d’Hudson, et à l’ouest jusqu’à la côte de l’Alaska. Ils étaient un peuple indépendant et autonome qui, pendant des millénaires, sut exploiter avec succès l’un des milieux les plus impitoyables et inhospitaliers au monde. La survie dans des conditions si rigoureuses fut possible par le biais de certaines adaptations des plus uniques au climat, au terrain et aux ressources naturelles. Le vêtement est un exemple de ces adaptations.

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Le vêtement des Athapascans

« En ce temps-là » : le vêtement estival traditionnel

« En ce temps-là, ils portaient des pantalon de peau, même en été. Ces pantalons étaient dotés de mocassins. »
Belle Herbert, Shandaa: In My Lifetime, University of Alaska Press, 1988.

Dans la tradition, le vêtement estival était fait de peaux de caribou et d’orignal, tannées et grattées de façon à en éliminer le poil. Hommes, femmes et enfants portaient des tenues deux-pièces similaires, consistant en des chemises à manches longues ou des robes, appariées à des pantalons-mocassins.

Vetement traditionnel

Ces tenues étaient remarquablement bien adaptées au climat, au terrain et aux ressources de la région subarctique, ainsi qu’au mode de vie des Athapascans du Nord. À la fois souples et ajustées, elles procuraient une protection adéquate contre le terrain accidenté et les éléments, tout en permettant l’aisance du mouvement. Le pied en peau souple du pantalon-mocassin était bien adapté aux déplacements en canot de fragile écorce de bouleau. La construction tubulaire de la jambe et l’assemblage de la chaussure au pantalon procuraient une excellente protection contre le vent froid, les mouches noires et les maringouins.

« Nos vêtements étaient faits de peau de caribou... Les peaux étaient tannées à l’automne et ma grand-mère les utilisait pour confectionner des pantalons en fourrure et des mukluks. Les mukluks montaient jusqu’au genou. J’aimais beaucoup mes mukluks... Je me souviens que j’étais très fière de mes vêtements. »
Mme Mary Vittrekwa, Fort McPherson, Territoires du Nord-Ouest, 1993

Le vêtement d’hiver était fabriqué à partir de fourrure et, par temps très froid, constitué de deux épaisseurs superposées : l’une avec le côté fourrure tourné contre la peau, pour plus de confort et de chaleur, et l’autre avec la fourrure tournée vers l’extérieur, afin de repousser la neige. La peau de caribou permet de fabriquer les meilleurs vêtements d’hiver : elle est grande, légère et chaude. Les peaux de lièvres d’Amérique, découpées en lanières et travaillées selon la technique du filet, étaient aussi utilisées dans la fabrication de vêtements à la fois chauds et légers pour les hommes, les femmes et les enfants.

« Avant de découvrir le lainage de feutre, ils utilisaient la peau de lapin... Je me souviens que ma mère avait tanné la peau d’un vrai lapin des bois, elle l’avait tannée pour en envelopper ses petits pieds. »
Jane Dragon, Fort Smith, T. N.-O., 1993

Dans la tradition, on portait un pantalon-mocassin fait de fourrure souple. Il procurait une excellente protection contre le froid, la neige et le vent, en plus d’être bien adapté au port de raquettes à neige. Au XIXe siècle, les bottes en peau et fourrure, ainsi que les mocassins à rabats de cheville portés avec des bas, remplacèrent peu à peu le pantalon-mocassin.

Par temps très froid, les pieds avaient besoin d’être isolés davantage. Les peaux de lièvre d’Amérique étaient alors souvent utilisées comme doublure intérieure de la chaussure d’hiver. La peau était entièrement enlevée et enveloppée autour des pieds, côté fourrure vers l’intérieur. En séchant, la peau prenait alors la forme des pieds de l’individu qui la porterait. Parfois aussi, des lanières souples de fourrures de lièvre, de caribou ou de castor étaient enveloppées autour des pieds à cette même fin.

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vêtement homme et femme bottes mocasins
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trappeurs mère et fille

Les raquettes à neige – Une autre paire de (grands) pieds!

« Après des années d’utilisation des raquettes chaque hiver... Je ne remarque même plus que je les porte. Elles sont pour moi comme une autre paire de (grands) pieds et je les considère comme une aide précieuse pour la marche, surtout dans la neige épaisse... J’ai porté des raquettes à neige dans toutes sortes de milieux : dans les bois ou dans le muskeg, en montée comme en descente... Pour camper à la belle étoile le long de sentiers dans la neige épaisse, les raquettes servent aussi à récolter la neige pour confectionner des abris pour la nuit. Je les ai parfois utilisées pour effriter la glace en surface des trous que je fais pour préparer mes pièges à castors... »
Tsetso, John. Trapping is My Life. 1970.

Les raquettes à neige étaient essentielles à la vie des Athapascans du Nord, car elles permettaient de se déplacer et de chasser dans l’épaisse neige poudreuse de l’intérieur subarctique durant l’hiver. Deux styles majeurs étaient fabriqués. L’un comportait deux raquettes pouvant être portées indifféremment à l’un ou l’autre des pieds, avec un cadre léger et arrondi, au bout recourbé. Ces raquettes étaient portées par les Athpascans d’Alaska, ainsi que par la plupart des Athapascans du Yukon. Le second type, surtout porté par les membres de tribus du nord de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest, était doté d’un cadre plus lourd et d’un bout pointu et recourbé. La forme de la raquette du pied droit différait de celle du pied gauche.

Généralement, les cadres en bois étaient fabriqués par les hommes et le tapis, ou treillis, de la raquette était confectionné par les femmes à partir de tendon (ou babiche). Dans les temps plus anciens, les cadres étaient souvent teints avec de l’ocre.

Les matériaux pour les vêtements Des matériaux issus de la terre

« ...en ce temps-là, il y a bien longtemps, on ne disposait pas de vêtements fabriqués dans des usines. On devait tanner des peaux pour les fabriquer. »
Rachel Robert, Fort McPherson, Territoires du Nord-Ouest, 1993

Dans la tradition, tous les vêtements étaient confectionnés à partir des peaux tannées de mammifères occupant le territoire. Le caribou et l’orignal étaient les plus prisés, mais de nombreux autres animaux – lièvre d’Amérique, rat musqué, castor, martre, loutre, mouton et chèvre de montagne, ainsi que bœuf musqué – étaient aussi utilisés, selon les régions, la disponibilité et la saison.

 

Date de dernière mise à jour : 15/01/2019

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