les Siksikas

 

 

Siksikas

 
Le chef Aatsista-Mahkan vers 1900  

 

 Les Siksikas, également appelés Pieds-Noirs ou Blackfoot ou Blackfeet, sont une tribu nord-amérindienne de l'Alberta au Canada. Elle fait partie de la Condération des Pieds-Noirs qui comprend également les Gens-du-Sang et les Pikunis. Depuis le XIXe siècle, ils vivent principalement dans la réserve indienne Siksika 146. La nation comprend plus de 6500 membres inscrits dont plus de 3700 vivent sur la réserve
.

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Territoir de la Réserve Siksika 146

 

 Terminologie

Le terme « Siksika» provient du pied-noir Siksiká qui signifie « pieds noirs » de sik « noir » et iká « pied » ; le pluriel en pied-noir est Siksikáwa. La légende veut que l'origine de ce nom soit attribuable aux mocassins noirs portés par un Siksika. Étant donné qu'ils ont été la première tribu de la Confédération des Pieds-Noirs à rencontrer des Européens, leur nom a été étendu à l'ensemble de cette population. Ils sont plus souvent nommés avec le terme anglophone « Blackfoot » qui est également utilisé en français, mais plus souvent traduit
e
n « Pieds-Noirs ».
Ces deux derniers termes peuvent également faire référence à l'ensemblede la Condération des Pieds-Noirs, alors que le terme « Siksikas» est spécifique à cette tribu.

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 Géographie

Le territoire de chasse ancestral des Siksikas était une partie intégrante du territoire de la Condération
d
es Pieds-Noirs.
En fait, les Siksikas occupaient la partie la plus au nord de ce territoire qui couvrait les rivières La Biche (Red Deer en anglais) et Battle . Depuis le XIXe siècle, ils vivent principalement dans la réserve indienne Siksika 146 qui couvre une superficie de près de 700km2 et qui est site à environ 57 km au sud-est de Calgary en Alberta au Canada.

Réclamations territoriales

Les Siksikas ont longtemps eu un conflit avec le gouvernement canadien à propos d'uneclamation territoriale suite à des événements datant de 1910. Le gouvernement fédéral avait alors demandé à la bande de céder un secteur de 466 km 2 du territoire de leur réserve afin de le vendre aux nouveaux colons. Ceci incluait 50 km2 qui furent transférés au chemin de fer du Canadien Pacifique pour la construction du barrage Bassano sur la rivière Bow. La bande n'a pas été convenablement informée sur cette dernière partie qui était ainsi illégale. En 2010, c'est-à-dire un siècle plus tard, les gouvernements du Canada et de l'Alberta se sont entendus avec la nation siksika pour le paiement de 50 millions de dollars ainsi que des nouveaux droits sur l'eau pour la bande..

 

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barrage de Bassano

 

 Démographie
Depuis le XIX siècle, les Siksikas habitent principalement sur la réserve Siksika 146. En 2009, la nation siksika comprenait 6 501 membres inscrits dont 3 779 vivaient sur la réserve. Il s'agit de la plus petite tribu de la Confédération des Pieds-Noirs.
Lors du dernier recensement de Statistiques Canada datant de 2006, la réserve avait une population de 2 767 individus dont l'âge médian était de 25 ans tandis que la moyenne provinciale était de 36 ans; en fait, près de45 %de la populationétait âgée demoinsde 20ans.98,5% des habitants de laréserve étaient des Nord-Amérindiens..
Durant leur période nomade, les Siksikas sont des guerriers chasseurs de bisons. Les Siksikas et les autres peuples membres de la confédération sont des sociétés de guerriers régies par des règles strictes qui entrent souvent en conflit avec leurs rivaux comme les Cris et les Assiniboines. Les Siksikas, qui s’en remettent exclusivement à la chasse pour leur subsistance, ont créé une culture étroitement liée aux exigences et à la disponibilité des bisons. Les clans et les groupes se déplacent d’un groupe de chasse à l’autre, capturant les bisons en les poursuivant jusqu’à ce qu’ils tombent dans des précipices. Comme les autres peuples des Plaines, les Siksika se servent de travois un assemblage de type traîneau habituellement tiré par des chiens domestiqués pour transporter leurs biens, notamment leurs campements de tipis extrêmement mobiles.

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bisons précipités des falaises


Les Siksikas parlent le blackfoot, une langue distincte présentant uniquement de légères variations
dialectiques entre les différents peuples de la confédération.
Les pensionnats et les autres politiques d’assimilation culturelle ont partiellement érodé l’usage de la langue traditionnelle et les pratiques culturelles des Siksikas. En 2011, Statistique Canada recense 3 250 locuteurs
du blackfoot, y compris des personnes provenant des autres peuples de la Nation des Pieds-Noirs et, bien que cette langue soit en danger, il existe plusieurs programmes linguistiques visant à promouvoir sa renaissance. Effectivement, le ministère de l’Éducation de l’Alberta propose, après des consultations avec les anciens et les éducateurs de la Nation des Pieds-Noirs, un soutien exhaustif pour un programme d’études complet en langue blackfoot, du jardin d’enfants à la 12e année, pour les élèves autochtones et non autochtones.
En 1877, Crowfoot, le chef légendaire des Siksikas, négocie la paix, signe, aux côtés d’autres
Premières Nations, le Traité no 7, et établit une réserve pieds-noirs à la traverse des Pieds-Noirs à l’est de Calgary.
De nombreux Siksikas deviennent agriculteurs ou éleveurs, tandis que d’autres trouvent un emploi dans
les mines de charbon sur la réserve.

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Chef Crowfoot entouré de sa famille en 1884


 Face aux pressions du gouvernement et des promoteurs, les Siksikas vendent, dans les années 1910, une importante partie de leur réserve pour plus de 2,2 millions de dollars, ce qui fait d’eux, sur le papier, la 1ère Nation la plus riche du Canada. Les sommes ainsi perçues sont détenues en fiducie par le gouvernement qui gère la construction de nouvelles habitations, l’achat d’équipements agricoles, le paiement régulier des intérêts, l’approvisionnement alimentaire et les autres services. Cependant, cette entente n’est pas avantageuse pour les Siksikas qui démontrent en 1930 qu’il aurait été préférable pour eux de conserver leurs possessions pour y conduire des activités économiques plutôt que de recevoir des intérêts en paiement de l’argent détenu en fiducie. Lorsque ces ententes sont devenues obsolètes, le peuple Siksika a continué de militer pour l’autonomie, l’autodétermination et un traitement équitable de la part du gouvernement.
En 2014, on compte environ 7 000 membres inscrits du peuple Siksika, dont à peu près 4 000 vivent sur la réserve de la traverse des Pieds-Noirs. La Nation Siksika est représentée par un chef et un conseil élus et par l’intermédiaire de la Société de gestion du Traité no 7 qui conseille et qui défend les droits de toutes les nations signataires du Traité no 7
La Nation Siksika a formulé, avec plus ou moins de succès, plusieurs revendications territoriales et de reconnaissance de droits ancestraux, comme le droit à l’autodétermination et à l’autonomie gouvernementale. Les administrateurs de la Nation Siksika mettent traditionnellement l’accent sur les installations de santé et de bien-être ainsi que sur des programmes sociaux et des services spécialisés dans la gestion du territoire et l’exploitation des ressources. Le différend du barrage de Bassano a, par exemple, abouti en 2010 à une entente octroyant à la Nation Siksika une somme de 53,4 millions de dollars pour le transfert illégal en 1910 par le Canada de terres appartenant à la réserve au Canadien Pacifique pour la construction du barrage. La revendication territoriale de Castle Mountain qui, ayant débuté en 1960, est toujours en négociation, illustre le caractère complexe et la longueur inhérente de traitement de ce type d’affaires.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 02/03/2015