Victorio

Victorio
ChefdesWarms Springs Apache

18251880

Chef VictorioVictorio (c. 1825 – 14 octobre 1880) était un guerrier et chef des Apaches Chiricahuas dans la région appelée aujourd'hui le Nouveau-Mexique
Il
fut élevé dans le groupe des Chihenne (parfois appelé les Chiricahua de l'est). Des rumeurs persistantes parmi les blancs disaient que Victorio était en partie de sang mexicain, mais il n'y eut jamais de preuves de ces allégations. D'autres rumeurs le disaient issu des Navajos, ces derniers l'appelant « Celui qui prend soin de son cheval ». La ur de Victorio était la fameuse guerrière Lozen (« L'habile voleuse à cheval »).

En 1853, il fut considéré comme un chef par l'armée des États-Unis et signa un document officiel en ce sens. À l'âge de 20 ans, il commença à fréquenter Geronimo et d'autres leaders Apache. Comme c'était la coutume, il devint le chef d'un groupe de Chiricahua et de Mescaleros et combattit l'armée américaine. De 1870 à 1886, Victorio et ses guerriers ont vécu dans trois réserves indiennes différentes. Il était très habile à échapper à ses assaillants lors de ses assauts.

On
attribue à Victorio le massacre d'Alma en avril 1880, au Nouveau-Mexique.

En oct
obre 1880, alors qu'il se déplaçait sur le Rio Grande dans le nord du Mexique, Victorio et ses hommes furent encerclés et tués par les soldats de l'armée mexicaine à Tres Castillos près de Coyame. Seuls quelques femmes et enfants purent fuir.

Dans l'immense secteur couvert par les régions de Chihuahua et Sonora au vieux Mexique, l'ouest du Texas et le sud du Nouveau-Mexique, il y avait autrefois bien peu de noms aussi redoutés vers la fin des années 1870 que celui de Victorio, le chef de guerre Mimbres Apache.

Con
sidéré comme le plus efficace de tous les guerriers Apaches, Victorio a manœuvré et combattu les forces militaires envoyées contre lui à partir des deux côtés de la frontière. Comme plusieurs grands dirigeants de l'histoire, il possédait un instinct naturel pour la vitesse d'esprit. Il est devenu une sorte de fantôme insaisissable pour tous ceux qui cherchaient à se débarrasser de lui. Un officier de l'armée le qualifiait même du plus grand chef guerrier à avoir vécu sur le continent.

Physiquement, Victorio était un Apache typique, bien qu'il était plus solidement charpenté que la plupart des autres. L'inspecteur aux affaires indiennes John Kimball le décrivait comme petit et corpulent, avec une lourde et solide mâchoire inférieure, et l'œil d'un politicien. Vêtu d'une chemise en calicot noirci et des pantalons rudes, sans peintures corporelles, ni plumes ou bijoux d'aucune sorte.

On pense que Victorio est né dans la région de Black Range, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique, probablement vers 1825.
Une ru
meur faisait même de lui un Mexicain d'origine, capturé par les Apaches alors qu'il n'était qu'un jeune garçon.
Un doute subsiste encore à ce sujet.


Comme
la plupart des Indiens de cette époque, on connaît peu de choses sur l'enfance deVictorio. Dans les années 1850,
il
commença à faire parler de lui comme un guerrier très prometteur. Il grava ses lettres de noblesse au cours de plusieurs raids au Mexique.
À
cette époque des bandes d'Apaches se glissaient régulièrement de l'autreté de la frontière pour piller ou
chercher
vengeance contre des atrocités commises par des Mexicains envers leur peuple. On ne pardonnait pas et la brutali
se faisait sentir des deux côtés.

L
a découverte d'or dans la régionde Pinos Altos, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique, au printemps de 1860 eut de
pr
ofondes répercutions sur les relations entre les Blancs et les Apaches. Les prospecteurs amenèrent avec eux leurs étranges
coutume
s influencées par le whisky, leur tempérament meurtrier et avec leur tendance à interrompre le mode de vie des Indiens.
Les Apaches, en revanche, ne se gênaient pas pour voler les chevaux et autres animaux d'élevage ou d'attaquer les prospecteurs.

En décembre 1860, un groupe de mineurs attaqua quelques Apaches pacifiques sur la Mimbres River. Ils croyaient que ces Indiens
leur avaient v
olé une mule. Plus tard, l'armée confisqua les biens des Apaches, question de payer l'amende sur ce qu'ils avaient
apparemmen
t dérobé aux mineurs. L'incident souleva l'indignation de Victorio et cela l'incita à déterrer la hache de guerre.

Lorsque l
a Guerre Civile éclata quelques semaines plus tard et que les troupes furent rappelées dans l'Est, Victorio, tout
c
omme d'autres leaders Apache, tira avantage de cette situation en faisant la pluie et le beau temps sur le territoire.
On croit que V
ictorio se trouvait avec Cochise et Mangas Coloradas à la Bataille de Apache Pass en 1862.

Apr
ès la mort de Mangas en 1863, Victorio grimpa les échelons jusqu'à devenir le chef des Eastern Chiricahuas.
Chef Victorio En formant un groupe d'élite de guerriers, Victorio passa les deux années suivantes a pratiquer des raids
dans la Rio Grande Valley et au Mexique.


En 1865, Victorio avait atteint un niveau impressionnant d'expérience au combat et il exprima sa bonne volonté en envisageant
d'abando
nner ses croisades et de s'installer quelque part, offrant à son peuple un endroit convenable pour vivre en paix.
En
1870, le gouvernement établissait une réserve à Ojo Caliente qui allait soi-disant satisfaire les besoins des Apaches.
Ils y
restèrent durant quelque temps dans des conditions plus ou moins satisfaisantes.

E
n 1877, dans un effort pour obtenir plus de contrôle sur le peuple Apache, le gouvernement décida que toutes
les ban
des devaient être concentrées sur la réserve de San Carlos, dans l'est de l'Arizona. Cette décision reflétait
tr
ès peu de compréhension de la culture Apache. D'abord, la région de San Carlos était chaude, stérile et malsaine;
de plus
, on retrouvait une certaine tension entre les différentes bandes Apaches. Victorio accepta de déménager mais avec un autre
leader guerrier nommé Loco, il quitta la réserve en septembre.

Le
s Apaches se déplacèrent vers l'Est à travers la région montagneuse de l'est de l'Arizona jusqu'au Nouveau-Mexique.
Ils faisaient des raids lorsqu'une opportunité se présentait. La police de San Carlos et un contingent d'éclaireurs Apaches
les prirent alors en chasse. Toutefois, les bandes de Victorio et de Loco demeuraient toujours hors de leur portée.
Mais à
la fin du mois, la plupart en ayant assez de cette cavale, se rendirent aux autorités du Fort Wingate, dans le nord-ouest
du
Nouveau-Mexique. Ils demandèrent seulement qu'on leur permette de retourner à Ojo Caliente. Le Colonel Edward Hatch, commandant
du District d
u Nouveau-Mexique, accéda à leur demande en se fiant sur leur parole.

Par contre, Victorio n'était pas encore près à laisser baisser les bras. Avec son petit groupe de fidèles il se glissa jusqu'au
Mexique pour reprendre ses attaques et terroriser le sud de la frontière.


En février 1878, Victorio traversa la frontière et se livra lui-même aux autorités à Ojo Caliente, où on lui permit de
rester tandis que l'armée et le Département de l'Intérieur cherchaient à reloger les Apaches. Durant un certain temps,
on étudia la possibilité de les envoyer au Fort Sill, en Territoire Indien. Mais en octobre on décida de les retourner à
San Carlos. Encore une fois, Victorio fugua vers le sud, cette fois avec environ 80 guerriers. Quant à Loco, il se laissa
conduire avec les autres jusqu'à la réserve de San Carlos.

Le scénario fut le même que l'année précédente. Après un hiver à rôder entre Chihuahua et le Nouveau-Mexique, Victorio
rentra en février 1879, demandant à ce que lui et ses guerriers puissent demeurer à Ojo Caliente. Il était prêt à ce qu'on
l'envoie n'importe où, à l'exception de San Carlos. Après avoir étudié le dossier encore une fois, leur choix s'arrêta sur
la réserve Mescalero. Au début, Victorio refusa, mais il finit par se soumettre à la décision, en demandant que les familles
de ses guerriers puissent les rejoindre à partir de San Carlos. Le gouvernement accepta.

La guerre de Victorio : "Ambush in Massacre Canyon" 1879-1880

En septembre 1879, la nouvelle atteignit les oreilles de Victorio à l'effet que les autorités de Silver City,
Nouveau-Mexique, le recherchaient pour meurtre et vol de chevaux. Convaincu que les hommes de loi se lanceraient à
ses trousses pour ensuite lui faire sa fête, Victorio rassembla sa bande et se dirigea une fois de plus vers les
montagnes où, dans les mois qui suivirent, il fut rejoint par d'autres Mescaleros et Chiricahuas mécontents du sort
que leur réservaient les Blancs. Mais cette fois, pour Victorio, il n'était plus question de revenir en arrière.
Il en avait assez de toute cette comédie gouvernementale.

Avec la nouvelle que Victorio avait pris le large, l'armée envoya des patrouilles à travers le sud-est de l'Arizona
et aussi dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique. Quand l'armée tenta de violer son sanctuaire dans les Mimbres Mountains,
il frappa sauvagement.


Victorio Ojo Caliente et ses 150 guerriers tendirent une embuscade, à une patrouille de la 9e Cavalerie du
Colonel Hatch qui eut 5 tués et auxquels ils volèrent 46 chevaux, de même qu'à un contingent d'éclaireurs Navajos. Le combat fut rude et il dura toute la journée. Huit soldats furent tués et deux autres blessés, de même qu'un bon nombre de chevaux et de mules, avant qu'ils puissent s'extirper de cette situation.

Le 10 septembre 1879, ce jour là, 9 colons furent tués par la bande de Victorio.
Des soldats tombent dans une embuscade et sont piègés par les guerriers de Victorio, secourus par les
Compagnies C et G après un jour de combat, les soldats arrêtèrent le combat, laissant 5 soldats, 3 éclaireurs et
32 chevaux morts.

Une force mexicaine constituée de 50 hommes tomba dans une autre embuscade au cour des Candeleria Mountains et
ils furent presque tous anéantis. Le bilan s'éleva à 26 morts et 18 blessés.

Victorio rôdait avec sa bande des deux côtés de la frontière dans la Rio Grande Valley, apparaissant soudainement
pour faire un raid et incendier des demeures avant de disparaître comme par enchantement. Les autorités mexicaines
 autant qu'américaines étaient désespérées. En Arizona, les troupes du Général Orlando Willcox couvraient le secteur
sud-est, alors que Hatch avait ordonné à sa 9e Cavalerie de patrouiller la zone sud du Nouveau-Mexique. Malgré ces
intenses recherches, Victorio restait introuvable. Et lorsque les soldats tombaient sur lui, c'était souvent pour
le regretter rapidement


Au début de 1880, Victorio passa au nord de la frontière, revenant sur le sol américain. Des troupes de l'Arizona
et du Nouveau-Mexique le pourchassèrent avec vigueur, ce qui occasionna plusieurs petites escarmouches. Ces affrontements
ne faisaient que quelques blessés, mais ils entraînaient une grande frustration pour les officiers. En effet, ils se
demandaient encore comment ces Indiens parvenaient à leur échapper sans arrêt sur un terrain couvert de patrouilles.

En mars 1880, Hatch lança une campagne offensive dans laquelle il fondait beaucoup d'espoir. Les rapports qu'il recevait
indiquaient que Victor
io se cachait dans le Hembrillo Canyon, dans les San Andreas Mountains. Hatch conduisit alors
une colonne à partir
de Aleman et un deuxième groupe partit du Fort Stanton. Une troisième colonne se mit également
en route e
n provenance du Texas. Ils bloquaient ainsi toute chance de fuite. Cette fois, le redoutable Victorio
ne pourrait pas s'en so
rtir.

La colonne provenant d
u Fort Stanton, agissant sous le commandement du Capitaine Henry Carroll, eut le malheur
de boire de l'eau contami
né au gypse en cours de route. Lorsque les soldats malades surprirent le campement de Victorio,
les Apaches comprirent rapidement leur état lamentable et ils les repoussèrent facilement. Heureusement pour ces tuniques
bleues, Hatc
h et ses hommes arrivèrent juste à temps pour les relever et poursuivre l'offensive. Mais ce mouvement permis
néanm
oins à Victorio de s'échapper encore une fois.

Cette inte
rminable poursuite commençait à irriter fortement les infatigables Apaches. Pour Victorio et ses guerriers,
la r
éserve Mescalero représentait leur unique source d'approvisionnement en armes, en munitions, en chevaux et en
prov
isions. En apprenant cela, l'armée leur bloqua tout simplement l'accès à la réserve Mescalero, obligeant les
Indien
s à se tourner vers les ranchs pour s'approvisionner.


Un détachemen
t d'éclaireurs Apaches localisa le camp de Victorio dans le Palomas Canyon, au nord de ce qui est
aujourd'h
ui Hillsboro au Nouveau-Mexique. Les éclaireurs n'étaient pas assez nombreux pour faire face aux fugitifs,
a
lors ils envoyèrent un messager jusqu'à Hatch, demandant des renforts de toute urgence. Mais le message demeura sans réponse.
Pourquoi
Hatch a-t-il refusé d'apporter des renforts aux éclaireurs? Cela reste malheureusement un mystère.
La press
e locale le critiqua fortement par la suite. Malgré tout, les éclaireurs donnèrent du fil à retordre
aux gue
rriers de Victorio. Plusieurs d'entre eux furent tués et même Victorio fut apparemment blessé à une jambe.
L
orsque la fumée des armes se dissipa, les Apaches avaient encore disparus.

L'armé
e continua la chasse en postant des soldats à tous les points d'eau imaginables, mais aucune trace de Victorio.
H
uit guerriers Mescalero attaquent un train tuant deux colons et en blessant deux autres. Les Soldats les poursuivirent
certain
s qu'ils allaient rejoindre Victorio
Les 3
hommes du Lieutenant Henry Flipper repèrentla garde de Victorio qui semble marcher en direction de Eagle Springs.
Mais Vict
orio ruse et se dirige vers Rattlesnake Springs plus au nord-ouest où le Lieutenant H. Flipper le poursuit

Tinaja de las Palmas
Ce
matin là, Tinaja de las Palmasle Colonel Benjamin Grierson avec six de ses hommes, occupent une crête rocheuse à l'est de Quitman Canyon en direction de San Antonio - el Paso Road. Le site était connu sous le nom de Tinaja de la Palmas. Ils attendaient les hommes de Victorio qui étaient à la recherche d'eau. Vers 9 heures du matin, Victorio et une centaine de guerriers approchèrent. La bataille dura plus de 4 heures, et les Apaches battirent finalement en retraite, au delà du
Ri
o Grande, lorsque des renforts de deux Compagnies de Cavalerie arrivèrent sur les lieux. Il y eu des morts et des blessés des deux côtés.

Rattlesnake Springs
Le
s soldats étaient aux aguets.En milieu d'après-midi leur longue attente fut récompensée. Mais Victorio sentant le danger arrêta ses hommes. Les soldats ouvrirent le feu. A la recherche d'eau et pensant que les soldats étaient peu nombreux, Victorio attaqua. Les soldats ripostèrent, ralentissant un moment l'avance des indiens. Pendant ce temps une forte unité de la bande de Victorio déroba un train militaire contenant des réserves d'eau. Finalement, dans l'obscurité dans l'attente d'atteindre l'eau. Il échoua. Victorio et ses guerriers battirent en retraite

 

Des troupes mexicaines et américaines localisèrent la nouvelle cachette de Victorio dans les Tres CastillosMountains,
au
Mexique. Ordonnant aux Américains de partir puisqu'ils ne se trouvaient pas dans leur pays, les Mexicains attaquèrent
le
s Apaches, les tuant tous à l'exception de 17. Cette fois, Victorio comptait parmi les victimes. Les Apaches crurent
au
suicide de leurros, alors que d'autresexpliquèrent qu'il avait été tpar unIndien Tarahumara, du nom de Mauricio,
qui travaillait pour l'armée mexicaine.

Bi
en que les survivants insistaient pour dire queVictorio avait troula mort au cours de cette bataille, des rumeurs
pe
rsistèrent quant à son évasion. Comme Butch Cassidy et Sundance Kid, Victorio était un nom trop puissant pour disparaître
s
ous une mort aussi banale.

Q
u'il soit mort à Tres Castillos ou non, ce grand chef Apache a laissé une profonde marque dans l'histoire du Sud-Ouest.
L
'histoire de Victorio reflète aussi à merveille le triste destin des Indiens face à l'invasion des Blancs.


Lozen
(née vers 1840 et morte vers 1887) était la sœur de Victorio, chef de guerre apache Chihenne-Chiricahua.Née dans les années 1840, elle fut rapidement considérée comme une guerrière expérimentée et une chamane. Selon la légende, elle était capable d’utiliser ses pouvoirs (Diya) durant la bataille afin de connaître le mouvement de ses ennemis. Victorio disait d’elle : « Lozen est ma main droite… forte comme un homme, plus brave que la plupart d’entre eux, un vrai stratège et une protection pour notre peuple »Selon Peter Aleshire, Lozen combattit dans plus de campagnes contre les Mexicains et les Américains qu’aucun des grands chefs de guerre apaches, comme Cochise, Mangas Coloradas, Juh, Geronimo ou même son propre frère Victorio.

En 1877, Victorio et ses guerriers Apaches venaient de quitter la réserve de San Carlos en Arizona où ils vivaient dans des conditions déplorables. Ils commencèrent alors à écumer la région et à fuir les militaires. Lors d’une de leurs fuites, Lozen sut trouver les mots pour inciter les femmes et les enfants, pétrifiés par la peur, à traverser le Río Grande en crue. James Kaywaykala, qui était un enfant à l’époque, se remémore l’événement en ces termes : « Je vis une femme magnifique sur un très beau cheval, Lozen, la sœur de Victorio, Lozen la femme guerrier ». L’enfant était sur le cheval de sa grand-mère à ce moment-là. « Lozen tenait une carabine au-dessus de sa tête, elle engagea son cheval dans les eaux tumultueuses, tirant la tête de l'animal hors de l’eau avec ses rênes et, rassuré, il commença à nager ». Le reste du groupe la suivit alors dans la rivière. Quand ils atteignirent l’autre rive, froids, humides, mais sains et saufs, Lozen vint vers la grand-mère de Kaywaykala et lui dit : « Tu prends tout le monde en charge maintenant, je dois aller rejoindre les guerriers ». Ces derniers se tenaient entre la cavalerie américaine et leurs femmes et leurs enfants pour les protéger. Lozen fit le chemin dans l’autre sens pour traverser la rivière et retourner au combat.

Plus tard, Lozen dut quitter le groupe de Victorio pour accompagner à travers le désert une mère qui venait de mettre son enfant au monde depuis le Mexique jusqu'à la réserve des Apaches Mescaleros. Elle s’était équipée d’un seul fusil, d’une cartouchière, d’un couteau et de nourriture pour trois jours. Plutôt que d’utiliser son fusil et de se faire repérer, elle utilisa son couteau lorsqu’elle dut tuer une vache parce qu'elles manquaient de nourriture. Elle vola un cheval à la cavalerie pour remplacer celui de la mère et un autre pour elle-même, cela sous les tirs des propriétaires. Elle s’empara également, plus tard, d’un selle, puis d’un autre fusil, de munitions, d’une couverture et même de la chemise d’un soldat sans qu’il ne lui arrive rien. Elles parvinrent à destination sans encombre. C’est alors qu’elle apprit que Victorio et ses hommes avaient été piégés par les forces mexicaines et les indiens Tarahumara à Tres Castillos. C’était le 14 octobre 1880. Les hommes y livrèrent leur dernière bataille. Il est dit que Victorio se tua avec son propre couteau plutôt que de se voir tué par les Mexicains.

Après Victorio

Pensant que les blessés et les survivants auraient besoin d’elle, Lozen partit immédiatement en direction du lieu de l’embuscade. Et, passant au travers de toutes les patrouilles, elle rejoignit les survivants de son groupe menés par le patriarche Nana, 74 ans, dans la Sierra Madre occidentale. Elle combattit alors à ses côtés pendant les deux mois de représailles pour la mort de Victorio. Nana disait d’elle : « Bien qu’elle soit une femme, il n’y a pas de guerrier qui égale la sœur de Victorio ». Lozen combattit également auprès de Geronimo. Alexander B. Adams, dans son livre sur Geronimo, dit d’elle qu’elle « se tenait debout les bras levés, chantant une prière à Ysun (la divinité suprême des Apaches), puis elle tournait sur elle-même jusqu’à ressentir dans ses bras la présence de ses ennemis et leur nombre ».

Elle fut faite prisonnière après la reddition de Geronimo. Elle mourut de tuberculose en 1887.

 

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Date de dernière mise à jour : 17/07/2014