1872/1873 Guerre des Modocs dans l'Oregon

 

 

1872-1873  Guerre des Modocs

Les Modocs vivent dans le Nord de la Californie et le Sud de l'Oregon. Ils conduisent quelques raids sur les premiers wagons de chemin de fer. La colonisation commençant dans la vallée de la Lost River, les colons demandent à ce que les Indiens soient déplacés dans la réserve des Klamaths et des Snakes, ennemis des Modocs. Cependant, les 372 Modocs finissent par s'installer dans la réserve, qu'ils quittent en avril 1869.

 

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Vallée de la Lost River



28 novembre 1872 : sur la demande insistante des colons, l'armée envoie une colonne pour ramener les Modocs dans la réserve, et incendie leur village. Les Modocs de Jim le Crochet tuent en représailles 14 colons à Tule Lake, puis rejoignent ceux de Kientpoos (capitaine Jack pour les Anglo-Saxons).

Modocs edward richard sprigg canby Modocs kientpoos captain jack
Général Canby Chef Kientpoos dit capitaine Jack



16 janvier 1873 : dans le champ de lave très accidenté et brumeux du Stronghold (Forteresse), 300 soldats et volontaires recherchent 50 Modocs sans les trouver ; ceux-ci les attaquent et leur infligent de lourdes pertes, les obligeant à fuir en abandonnant armes et bagages.

11 avril : au cours de négociations de paix, Kientpoos, influencé par Jim le Crochet et un chaman, tue le général Canby.

3 juin : Kientpoos est capturé. Il est jugé pour le meurtre de Canby et pendu le 3 octobre avec trois autres Modocs. Les Modocs sont déportés dans la réserve Quapaw.

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Chef Curly Headed Doctor

 

Au soir du 16 Janvier 1872, comme les hommes de WHEATON prenaient place sur une falaise surplombant les Lava Beds, les Modoc terminaient la préparation finale de leurs défenses. Curly Headed Doctor érigea un totem pour la Dance des Esprits, décoré avec des talismans sacrés, au centre de la « forteresse », et entoura toute la zone d’un cercle protecteur fait d’herbe tressée peinte en rouge. Puis le sorcier entraîna les Modoc dans une danse lancinante qui dura toute la nuit, et dont les échos rebondirent sur les escarpements de lave vers des soldats grelottants agglutinés autour de feux de broussailles. WHEATON lança son assaut simultané de l’Est et de l’Ouest à 4H00 du matin. L’infanterie était armée du fusil réglementaire Springfield Model 1868 en .50-70.

LA-BATAILLE-DES-LAVA-BEDS-2Le Model 1868 fut la troisième des neuf versions du « Trapdoor », et on en fabriqua 51 389 exemplaires de 1868 à 1872. Beaucoup de composants proviennent des fusils Springfield Model 1861 et Model 1863. La caractéristique principale est la culasse pivotant vers l’avant, dont l’idée avait été piquée à Hiram BERDAN  par Erskine S. ALLIN. L’affaire fit l’objet d’un long procès finissant après la mort de BERDAN, qui criait tout le temps « ALLIN, pour qu’elle revienne… ».

 

Quelques-uns des Volontaires avaient été dotés de Springfield, et les autres portaient des fusils de sport. Les Compagnies B et G de la 1st. Cavalry étaient armées de carabines Sharps en .50-70, alors que la Compagnie F avait des carabines à répétition Spencer Model 1865 à sept coups en calibre .56-50. Les Modoc les affrontaient avec des fusils se chargeant par la bouche et des revolvers à percussion. Bref, ils étaient à 50 contre 387, et pas vraiment à armes égales. On sait donc déjà comment ça va finir : mal. Mais pour qui ?

Les obusiers de montagne donnèrent le signal de l’attaque, mais se turent bientôt parce qu’un brouillard blanc recouvrait le champ de bataille et gênait l’observation. Très vite, les hommes de GREEN se mirent à tirer sur des fantômes, alors que les Modoc les plus près se trouvaient à un mile de là et que leur forteresse était encore à plus de trois miles. Lorsque les soldats arrivèrent enfin à portée de tir, les Indiens, la tête hérissée d’un camouflage de buissons, ouvrirent un feu nourri sur eux puis disparurent. Les soldats se retrouvèrent seuls, piétinant lentement à travers une brume vide, et déchirant leurs chaussures et leurs habits sur les arêtes vives des rochers de lave. En fin d’après-midi, on mit fin à l’attaque. Les guerriers Modoc, aidés par leurs femmes qui rechargeaient les fusils de rechange pendant qu’ils tiraient, surent tirer avantage de leur ligne intérieure en envoyant de petites escouades d’un point à un autre, défiant effrontément leurs ennemis en leur envoyant injures et balles, les clouant au sol là où ils étaient. Avec tous les cris et les coups de feu qu’ils entendaient, beaucoup de soldats croyaient que les Indiens étaient plus nombreux qu’eux. La confiance de l’Army fondit encore plus lorsque plusieurs cartouches de Spencer ne partirent pas, et que certaines carabines Sharps s’enrayèrent à cause d’un extracteur défectueux. Au début de l’action, les Volontaires de l’Oregon avaient déjà déclaré une paix séparée, et beaucoup de réguliers se précipitèrent vers l’arrière pour se réfugier dans le brouillard. Au crépuscule, il restait moins de 100 soldats en action. Les Klamath ne montraient aucune envie de se battre, et donnèrent des amorces, de la poudre et des cartouches aux Modoc qu’ils rencontraient cachés dans le brouillard. Beaucoup de Modoc purent se réarmer avec des fusils, des carabines et des munitions que les autres avaient abandonnés. Voilà. Tout faux, les mecs, à peine c’est commencé.

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Indiens Klamaths


Les Volontaires en retraite avaient laissé derrière eux des fusils Remington et Ballard, et Shacknasty Jim récupéra le trophée du jour, un fusil à répétition Henry à seize coups. Les Modoc démontèrent des cartouches capturées afin de récupérer de la poudre et du plomb pour leurs armes à chargement par la bouche. Du côté des défenseurs, les tireurs isolés avaient tué quatorze attaquants et en avaient blessé vingt trois, sans aucune perte chez eux. Le General CANBY renvoya un WHEATON écrasé qui, dans le sillage de sa défaite, avait appelé 1000 hommes en renfort avec un support de bateaux et de mortiers pour débusquer les Modoc. WHEATON fut remplacé par le Colonel Alvan C. GILLEM du 1st. U.S. Cavalry.

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Colonel Alvan Cullem Gillem


Jack et sa suite étaient partisans de la paix, mais il y avait d’autres factions dans la bande qui s’opposaient à tout compromis, dont les hommes de Hooker Jim qui avaient peur de représailles pour les meurtres des colons, et les partisans de Curly Headed Doctor qui croyaient que la magie du sorcier leur assurerait la victoire. Les parlementaires n’avaient pas pouvoir pour garantir à Jack ce qu’il voulait le plus : une réserve sur la Lost River ou même sur les Lava Beds.

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Panorama des Lava Beds devenu monument National


L’amnistie et la déportation était ce qu’ils pouvaient lui offrir de mieux. Pour compliquer les choses, l’Oregon poursuivit plusieurs Modoc pour meurtre.
La sélection avait été faite au hasard et elle incluait Scarface Charley, lequel n’avait tué personne, sauf au combat. L’un des pontes de l’Oregon garantit aux Modoc qu’ils seraient tous pendus. Un autre leur dit qu’ils seraient brûlés vifs s’ils se rendaient. Pendant que la marée des palabres montait et descendait, les hommes de GILLEM se rapprochèrent des Lava Beds, et déconcertèrent les Indiens en capturant trente trois chevaux.
"Encore un coup dans le dos de ces salauds de visages-pâles à la langue fourchue. Pendant qu’on discute pour faire la paix, l’autre vient par derrière pour te niquer tes billes."
Déjà maigre avant, l’intendance de Jack s’érodait. Déguisé de force avec des vêtements de femme avec des Modoc « durs » qui se moquaient de lui pour cette raison, Jack accepta finalement de les mener pour tuer les parlementaires au cours d’une rencontre prévue pour le 11 Avril 1873. Curly Headed Doctor, Hooker Jim et leurs partisans, étaient convaincus que l’armée battrait en retraite si le General CANBY était tué. Bien que prévenu du complot par Toby Riddle, Toby Devinette, une femme Modoc qui, avec son mari Frank, servait d’interprète, CANBY méprisa le danger. Les parlementaires MEACHAM et L.S. DYAR firent preuve de moins de témérité que le General et glissèrent des derringers dans leurs poches. Le dernier membre de l’équipe de négociateurs, le Reverend Eleasar THOMAS, avait placé toute sa confiance en Dieu. Lorsque les parlementaires et les époux Riddle arrivèrent à la tente de conférence qui avait été plantée entre les lignes, ils furent accueillis par Captain Jack et sept autres Modoc portant ouvertement des revolvers. D’autres Indiens, armés de fusils, étaient cachés dans les rochers.
"Coup tordu pour coup tordu. T’vas voir t’t’à l’heure.
Comme CANBY distribuait des cigares, Jack, dans un dernier petit effort pour éviter un désastre imminent, réitéra une nouvelle fois sa requête pour une réserve, offrant même de croire CANBY « sur parole ». Le mot n’était pas, il ne pouvait pas l’être, à-propos. Sentant que les dés étaient jetés, Jack cria « C’est parti ! » en Modoc, dégaina son revolver et tira sur CANBY. L’arme fit long-feu, Jack ramena de nouveau le chien en arrière et appuya une nouvelle fois sur la détente, touchant le General en dessous de l’œil gauche. Mortellement blessé, CANBY tomba par terre, se releva et s’enfuit en titubant. Lorsque le General s’écroula de nouveau un peu plus loin, Ellen’s Man George, George le Mari d’Hélène, lui tira dessus avec un fusil, et Jack le poignarda. Ben merde… Pendant ce temps-là, Boston Charley, Charlie de Boston, tua le Reverend THOMAS, se moquant du prêtre parce que sa magie ne marchait pas. MEACHAM, brandissant son derringer, se retourna sur ses talons et se mit à courir, jusqu’à ce qu’il fût fauché par une balle et qu’il tombât au sol. DYAR, son derringer dans la main lui aussi, se précipita vers les lignes de l’armée avec Frank Riddle. Comme les deux hommes s’enfuyaient, les Modoc, qui n’avaient jamais eu la moindre intention de tuer les Riddle, d’ailleurs Scarfaced Charley qui refusait de participer à ces meurtres, avait menacé de tirer sur quiconque leur ferait du mal, se mirent à détrousser CANBY, MEACHAM et THOMAS. Jack prit la vareuse de l’uniforme du General et Ellen’s Man sa montre. Boston Charley fit quelques tentatives pour couper la tête de CANBY et se posait des questions sur la meilleure façon de scalper un chauve, lorsque Toby Riddle cria « Voilà les soldats ! » Les Modoc s’enfuirent.
"Des sauvages, que j’te dis, ces Indiens. Des sauvages ! A peine l’autre il est par terre qu’il a déjà plus de veste ni de montre. C’est comme si tu t’arrêtes sur l’autoroute pour changer un pneu, à peine t’as commencé à l’avant qu’il y a quelqu’un qui démonte la roue arrière pour partir avec. Et le gros chauve, ce con, y a même pas moyen de le scalper comme il faut. C’est quand-même un monde, çà, madame !

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Chef Modoc de gauche à droite et de haut en bas
Hooker Jim / Schonchin / Boston Charley / Shack Nasty Jim

 

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Toby Riddle de gauche à droite
Steamboat Frank / Frank Riddle / Toby Riddle / Scarface
en bas Jeff Riddle fils
Scarface Charley

 

Lorsque l’histoire fut relatée dans les journaux, le public cria revanche. Le Président GRANT abandonna sa politique de paix, et le General William T. SHERMAN, qui était loin d’être un ami des Indigènes Américains dans les meilleures circonstances, préconisa une « extermination pure et simple » des Modoc et ordonna l’envoi de renforts vers les Lava Beds. Parmi les effectifs ajoutés aux forces du Colonel GILLEM, on compta 72 éclaireurs Indiens de Warm Springs, qui remplacèrent les Klamath inutiles. La force de l’armée grimpa à 1000 hommes y compris quatre compagnies de cavalerie, cinq d’infanterie et quatre batteries d’artillerie. Le 14 Avril, GILLEM donna l’ordre aux Compagnies F et K de la 1st. Cavalry, aux E et G de la 12th. Infantry, aux Batteries K, M et E de la 4th. Artillery, qui servait d’infanterie, et aux Indiens de Warm Springs, d’attaquer depuis l’ouest et le sud dans un mouvement de balayage. Trois compagnies de la 21st. Infantry et les Compagnies G et B de la 1st. Cavalry pénétrèrent de l’est, dans l’espoir de faire la jonction avec les forces de l’ouest. L’assaut commença le jour suivant et les Modoc prirent les soldats sous leur feu de loin. Quand le soleil se coucha et bien que les officiers eussent réussi à remettre leurs hommes en mouvement, les soldats, qui avaient perdu trois morts et six blessés, n’avaient avancé que d’un demi mile. Aucune perte n’était à déplorer chez les Modoc. L’armée s’enterra et résista pendant toute une nuit remplie de cris où on s’échangeait des obscénités et des coups de feu, et du grondement régulier des obusiers ainsi que des mortiers de campagne. Ces dernières armes, grâce à leur tir vertical, lâchèrent quelques obus directement dans la forteresse. Au matin, les soldats enjambèrent la corde magique, coupèrent les Indiens du lac et de leur réserve d’eau, et s’approchèrent à cinquante yards du quartier-général de Jack. La magie de Curly Headed Doctor fut encore plus sérieusement inefficace lorsque les Indiens souffrirent de leurs premières pertes depuis la Lost River. Plusieurs hommes et femmes avaient été blessés, et l’un des hommes s’était transformé en fumée en essayant de retirer avec ses dents la fusée d’un obus qui n’avait pas explosé. La situation tactique étant désespérée, Captain Jack exfiltra ses guerriers et leurs parents vers le sud, à travers les lignes de l’armée et sous le couvert de la nuit. Lorsque les soldats pénétrèrent dans la forteresse abandonnée le matin suivant, ils ne trouvèrent personne d’autre qu’un vieil homme blessé, lequel fut immédiatement tué et scalpé, et dont le trophée macabre fut divisé en huit morceaux. Inquiet de l’évasion de sa proie, le Colonel GILLEM expédia des patrouilles dans tout le pays aux alentours. Mais les Modoc étaient restés dans les Lava Beds, y trouvant du gibier et des grottes dans lesquelles ils puisaient de l’eau. En quelques jours, leur nouveau site fut découvert par les éclaireurs de Warm Springs.

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site historique Grottes des Lava Beds Grottes des Lava Beds Terre des Modoc dans les Lava Beds

 

Le 26 Avril, GILLEM envoya le Capitaine d’artillerie Evan THOMAS avec un détachement de 64 hommes, dont les Batteries A et K de la 4th. Artillery, et la Compagnie K de la 12th. Infantry, pour prendre position en hauteur d’où ils devraient bombarder les Indiens. Bien que les officiers des patrouilles fussent tous des vétérans de la Guerre Civile, ils méprisèrent les procédures de base en matière de sécurité et s’arrêtèrent pour déjeuner au centre d’une embuscade montée par Scarface Charley. Lorsque Charley et ses 24 guerriers ouvrirent le feu, les soldats paniquèrent. La Compagnie E du Captain Thomas WRIGHT tenta de donner l’assaut contre les attaquants, mais le Capitaine fut tué et ses hommes mis en déroute. Le Captain THOMAS rassembla vingt hommes dans un réduit, mais les Modoc gardèrent l’avantage et les tuèrent tous. Vers 03H00 de l’après-midi, Charley cria « Tout ce que ce qu’il vous reste à faire, à ceux d’entre vous qui ne sont pas encore morts, c’est de rentrer chez vous. Nous ne voulons pas vous tuer tous en un seul jour. » Puis il disparut avec ses Modoc. Bien qu’au courant de l’attaque subie par THOMAS, GILLEM était convaincu que le corps expéditionnaire n’était pas en danger et n’envoya pas de relève avant la fin du jour. Après avoir tâtonné toute la nuit, les renforts atteignirent le champ de bataille le lendemain matin. L’armée avait perdu 23 morts, y compris THOMAs et tous ses officiers, et 19 blessés. La plupart des hommes avaient été touchés plus d’une fois, et l’un des soldats avait reçu vingt balles. Les Modoc avaient peut-être perdu un seul homme.

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Evan Thomas Attaque des Modoc Thomas A. Wright

 

Le désastre coûta sa place à GILLEM. Le Colonel Jefferson C. DAVIS, un dur à cuire vétéran de la Guerre Civile portant un nom bizarre, succéda à CANBY et prit lui-même le commandement sur le terrain. Eh oui, bizarre et incongru, ce nom, mais ce n’est pas le Jefferson DAVIS qui fut Président des Etats Confédérés pendant la Guerre de Sécession, celui-là s’appelait Jefferson F. DAVIS et il ne reprit pas de service dans l’armée. A l’époque où se passe cette histoire, l’ancien Président avait d’autres chats à fouetter contre le Gouvernement des Etats Unis, et dirigeait une compagnie d’assurance.

Peu de temps après l’arrivée de DAVIS, les Modoc capturèrent un nouveau convoi d’approvisionnement de l’Armée, blessant trois soldats de plus et continuant à se faire mal voir. En réponse, DAVIS envoya le Captain H.C. HASBROUCK avec la Batterie B du 4th. Artillery, montée et servant de cavalerie, les Compagnies B et G de la 1st. Cavalry et les éclaireurs de Warm Springs après les Modoc. HASBROUCK divisa ses forces, campant avec les compagnies de cavalerie sur les bords du Lac Sorass, où les Modoc lancèrent une attaque surprise à l’aube du 10 Mai. Bien que les Indiens fussent victorieux au début, HASBROUCK rassembla ses hommes et, pendant que le Sergeant Thomas KELLY hurlait « Nom de Dieu ! il faut charger ! », contre attaqua et parvint à les repousser. L’armée avait perdu trois morts et six blessés. Les Modoc, comme toujours, avaient donné plus qu’ils n’en avaient, ne perdant que Ellen’s Man. Par contre, ils perdirent leur intendance et la plupart de leurs munitions au profit des éclaireurs de Warm Springs, qui les attaquèrent au moment où ils se retiraient. Démoralisé par cette défaite, Jack fut abandonné par Hooker Jim et les militants qui l’avaient poussé à tuer CANBY. A court de vivres et de munitions, leurs vêtements en haillons et chassés par des soldats de plus en plus sûrs d’eux-mêmes, les Modoc commencèrent à craquer. La bande de Hooker Jim se rendit le 22 Mai. Jim, Bogus Charley, Steamboat Frank et Shacknasty Jim se portèrent très vite volontaires pour traquer Jack pour le compte de l’armée. Ils le trouvèrent bientôt. L’ironie de la reddition que lui demandaient ses anciens alliés, qui l’avaient eux-mêmes poussé donc ce combat inégal, ne fut pas perdue sur un Captain Jack en colère, lequel rejeta la proposition. Le temps travaillait pour le compte de l’armée, et les Modoc se rendirent par petits groupes, pendant toute la dernière semaine de Mai. La reddition ne signifiait pas forcément la sécurité, puisque quatre guerriers désarmés furent tués par les Vigilantes de l’Oregon. Jack, reconnaissant que « ses jambes le lâchaient », reconnut l’inévitable et capitula le 1er. Juin.

Le désir qu’avait DAVIS d’exécuter sommairement les chefs Modoc fut frustré par des ordres de Washington de juger sommairement Captain Jack, John Schonchin, qui était quelqu’un d’autre que le chef Old Schonchin, Slolux et Black Jim, pour l’assassinat de CANBY et de THOMAS. On accorda l’amnistie à Hooker Jim et à ses fauves pour les services qu’ils avaient rendu. Le procès, ou ce qu’il fut, eut lieu devant un tribunal militaire pendant que l’on montait un échafaud au dehors. Les Modoc accusés n’eurent pas d’avocat pour les défendre et ils furent très vite reconnus coupables et condamnés à être pendus. L’opinion publique nationale tourna très vite en faveur des braves et habiles soldats qui avaient combattu contre tous, pour le pays où ils étaient nés. En réponse, le Président GRANT gracia Barncho et Slolux, des jeunes hommes qui n’avaient joué qu’un rôle mineur dans les tueries. A 10H00 du matin le 3 Octobre 1873, après avoir, comme par humour noir, offert au prêtre qui était en charge vingt cinq chevaux et ses deux femmes s’il acceptait de prendre sa place, Jack et ses trois camarades furent exécutés. L’armée, en son honneur, refusa d’honorer les mandats d’arrêt de l’Oregon pour un certain nombre de guerriers survivants. Le 12 Octobre 1873, 153 Modoc entraient sur le Territoire Indien, arrivant finalement à la Quapaw Agency où on leur donna pour une valeur de 524,40 $ en bois de construction de façon à ce qu’ils pussent s’en faire des abris pour l’hiver. Au printemps, les réfugiés se déplacèrent vers une réserve de 4000 acres. Tragiquement, l’adaptabilité des Modoc à leur habitat ne s’étendit pas à leur santé. En 1879, il ne restait que 103 de ceux qui avaient été déportés d’origine. Leur santé était minée à la fois par la maladie et par les vols de leur agent, qui surpayait ses proches en rations et distribuait la plus grande partie de la nourriture quelque part d’autre pour son propre profit. S’il fallait dresser une liste des meilleurs guerriers Américains de toutes les races, les Modoc y auraient la première place, ou n’en seraient pas loin. Oubliés depuis longtemps par la plupart des gens, Captain Jack, Scarface Charley et leurs guerriers, combinèrent l’habileté des Seminole à utiliser le terrain, l’adresse tactique des Nez-Perce, et l’art de la guérilla des Apache. Les Modoc furent probablement de meilleurs tireurs que tous les autres. Jamais, avant cela ni depuis, si peu d’hommes n’ont fait, contre tant d’autres, tellement de choses avec si peu. Voilà, et tout çà à cause de ce petit con de Lieutenant BOUTELLE qui avait tiré le premier, presque un an et demi plus tôt.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 13/11/2015