PEUPLES AMERINDIENS indiens des Amérique

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Les Guaranis

 

 

 

 

 

Les Guaranis vivent dans plusieurs pays d'Amérique latine :
le sud du Brésil, l'est de la Bolivie, le Paraguay et le nord de l'Argentine.Les Guaranis (en espagnol, Guaraní) forment un groupe de populations amérindiennes des régions amazoniennes du Brésil, d'Argentine, de Bolivie, de l'Uruguay et du Paraguay, de langue guarani, représentant environ 80 000 personnes. Une étude de 2014 révèle qu’une tribu brésilienne, les Guarani-Kaiowá, détient le taux de suicide le plus élevé au monde, du fait qu'ils ont été expulsés de leurs terres transformées en fermes d’élevage et en plantations de canne à sucre. Cette population est d'autant plus menacée que le nouveau président Jair Bolsonaro soutient le développement agricole.

Guarani-Kaiowá

Guarani-Kaiowá est un groupe indigène du Brésil. Il y a plus de 60 000 Guarani-Kaiowá. Une minorité d'entre eux vit au Paraguay et en Argentine. Ils font partie des Guaranis et parlent la langue guaranie. Une étude de 2014 avance que la tribu brésilienne des Guarani-Kaiowá détient le taux de suicide le plus élevé au monde, du fait qu'ils ont été expulsés de leurs terres transformées en fermes d’élevage et en plantations de canne à sucre.

Les Guarani-Kaiowá n'ont eu aucun contact avec les colons européens avant la fin des années 1800. Dès les années 1980, les communautés guarani-kaiowás font l'objet de manœuvres d'intimidation et d'expulsions violentes, et sont contraintes à vivre au bord des autoroutes, menacées par les agents de sécurité engagés. En 2003, le chef Marcos Verón a été tué, ayant dirigé un groupe qui avait récupéré le terrain maintenant occupé par un ranch. En 2012, le conflit d'intérêt entre les autorités brésiliennes et les tribus indigènes a augmenté lorsque le Brésil a été choisi pour abriter la Coupe du monde de football de 2014.


le chef Marcos Verón tué en 2003 en tentant de récupérer ses terres

Depuis le début des années 1980, les Guarani-Kaiowá ont été progressivement contraints de quitter leur habitat traditionnel suite à la déforestation visant à cultiver des plantations de soja, de maïs et de canne à sucre. Ce processus d'expulsion a aggravé les conditions de vie des Guarani-Kaiowá. En outre, le travail non sécurisé et sous-payés dans les plantations a provoqué des décès, même de jeunes enfants, pendant des décennies. Les attaques que cette communauté a reçues, prennent leur racine sur la rentabilité élevée des terres qu'ils habitent pour la culture des agro-entreprises et de l'industrie des biocarburants. Par exemple, la tribu Guarani a dénoncé pendant des années la menace permanente de l'expulsion de leurs terres et l'empoisonnement régulier par les agriculteurs de leurs ressources en eau.  

En octobre 2012, un groupe de 170 Kaiowas (50 hommes, 50 femmes et 70 enfants) qui campaient depuis presque un an à la ferme Cambará, près de la rivière Joguico dans Iguatemi, Mato Grosso do Sul, à la frontière avec le Paraguay, après qu'un ordre d'expulsion ait été émis par un juge fédéral, a déclaré qu'ils étaient prêts à accepter leur extinction. Selon une lettre envoyée au Conselho Indigenista Missionário (Cimi, Conseil missionnaire indien) et de la gestion nationale des Fundação Nacional do Indio (FUNAI):

  

« Nous allons déjà être tué, donc nous voulons être tué et enterré avec nos ancêtres ici où nous sommes aujourd'hui. Par conséquent, nous demandons au ministère fédéral de la Justice et de ne pas arrêter notre expulsion, mais nous leur demandons de décréter notre mort en masse et de notre enterrement à tous ici. Nous leur demandons une fois pour toutes de décréter notre décimation totale et extinction, par l'envoi de nombreux tracteurs à creuser un grand trou pour y faire tomber et enterrer nos corps. Ceci est notre demande aux juges fédéraux. Nous attendons dès maintenant cette décision de la justice fédérale. Décrétez la mort en masse des Guarani Kaiowá et des Pyelito Kus / Mbarakay et enterrez-nous ici. Étant donné que nous avons pleinement décidé et que nous n'allons pas quitter cet endroit mort ou vivant. »

L'ordre fédéral détaille que dans le cas où la communauté autochtone n'abandonne pas la terre, la Fundação Nacional do Indio (FUNAI) devra payer 250 dollars par jour de territoire toujours occupé. Des parties de la presse brésilienne a compris la lettre comme une annonce de suicide collectif. Avaaz.org a publié une pétition contre leur génocide. La décision a finalement été suspendue par une ordonnance du tribunal le 30 octobre, 2012.

En 2012, le musée indien à Rio de Janeiro, autour duquel existe une colonie Guarani-Kaiowá, a également reçu un ordre d'expulsion. Cette colonie est à côté du stade de football Maracana, qui à la demande de la FIFA, devait être élargi pour les cérémonies d'inauguration et de clôture de la Coupe du monde de football. En octobre 2012, le gouverneur de Rio de Janeiro Sergio Cabral a déclaré dans une conférence de presse qu'il était nécessaire de raser l'ancien musée. Le bâtiment a été abandonné en 1977 puis occupé par des communautés autochtones à partir de ce moment. "Il n'a pas de valeur historique et il va être démoli parce que le Comité d'organisation de la FIFA et de la Coupe du Monde le demande" a-t-il expliqué. Cependant, la FIFA a précisé par une note de presse postérieure qu'il n'a jamais demandé la démolition de l'Indian Museum.

Parmi les communautés Guarani-Kaiowá et d'autres ethnies, la réaction à cette décision fut claire. Le 12 janvier 2012 une unité de police est arrivée sur la terre indigène sans mandat judiciaire pour expulser la communauté. Les habitants les attendaient à l'entrée de la colonie pour la défendre. Le siège de la colonie a duré plus de 12 heures et s'est terminé lorsque l'unité de police a quitté le territoire sans prendre aucune mesure, n'ayant jamais eu d'ordonnance judiciaire pour l'embargo et la démolition. La retraite a été applaudie par la communauté indigène. Malgré cette victoire temporaire, la tribu Guarani-Kaiowá est toujours menacée par plusieurs mobilisations qui tenteraient de les expulser du seul lieu où eux et leur culture ancestrale sont protégés.

Guaranis en général

Ils forment une société qui a beaucoup intéressé les anthropologues, notamment Pierre Clastres, qui a noté qu'il n'existait dans cette culture aucun « État » et que si la tribu avait bien un chef, son rôle est limité. Il doit être un bon orateur, un bon chasseur et un bon mari. En outre, il n'a pas le pouvoir, « il est l'homme qui parle un point c'est tout ». C'est à travers ce chef que se déroulent les échanges de biens ou de femmes, par exemple.


Anthropologue Pierre Clastre 1934- 1977

Cette analyse est critiquée maladroitement et idéologiquement par le sociologue Jean-William Lapierre pour qui l'existence d'un pouvoir politique ne nécessite pas forcément la force : il existe d'autres formes de contraintes plus subtiles. Ce dernier observe que les rites d'initiation du début de l'adolescence sont très durs, prenant l'apparence d'une sorte de torture. Il en conclut que le chef n'a pas besoin de faire respecter la tradition car celle-ci est atavique. Enfin il critique la lecture idyllique de Pierre Clastres pour qui il n'y a pas de différenciation entre les uns et les autres : les hommes ont le droit de vie et de mort sur leur femme. Deuxième élément, il existe des « chefs de chasse » qui forment une sorte d'aristocratie, ce sont eux qui élisent le chef. Finalement, il existerait bien un pouvoir politique, mais diffus. Il faut donc parler en termes de gradation du pouvoir.

Sur leur immense territoire, en expansion jusqu’au XVIIe siècle, ils étaient semi-nomades, chasseurs-cueilleurs-agriculteurs. Les groupes se déplaçaient à la recherche de terres fertiles, mais aussi à la recherche de la "Terre sans mal", leur paradis, la terre des dieux et des ancêtres où le maïs pousse tous seul et où les hommes ne meurent pas.

Après avoir résisté aux Espagnols, ils ont participé à l'expérience de la "République jésuite du Paraguay" : entre 1609 et 1765, une trentaine de missions ont été créées sur leur territoire par les Jésuites, des prêtres chrétiens qui voulaient les convertir, mais aussi les protéger des marchands d’esclaves.

Dans ces cités guarani prospères de plus de 140 000 habitants, on avait instauré un mode de vie où tous étaient égaux et qui associait la prière chrétienne et le travail. La musique et les chants y tenaient une grande place. Ces missions ont subi de multiples attaques que les Guarani ont vaillamment repoussées, armés d’arcs et de flèches puis d’armes à feu ; lorsque les Jésuites ont été expulsés du pays en 1765, nombre de Guarani ont été pourchassés et massacrés par les colons.

Des communautés guarani se sont réfugiées dans la forêt et y sont restées isolées jusqu’à une cinquantaine d’années, en conservant leur mode de vie et leurs traditions religieuses.
 
Combien sont-ils ?

Ils sont environ 40 000 au Paraguay (où leur langue est langue officielle avec l'espagnol) et 30 000 au Brésil, ce qui fait d'eux la plus nombreuse population indigène de ce pays. Quelques milliers vivent aussi en Bolivie et en Argentine.

 Quelles langues parlent-ils ?

Le guarani est une langue de la famille tupi-guarani parlée par 6 millions de personnes. Au Paraguay, c’est la langue officielle avec l’espagnol.

Le français a emprunté de nombreux mots au guarani, tel que boucan, palétuvier, tapir, acajou, jaguar, pétunia, tapioca, ananas et toucan. Cela donne une idée de leur milieu naturel ! Il existe de nombreux textes espagnols traduits en guarani du temps des Jésuites, et des mythes et légendes guarani ont également été traduits en espagnol par les Jésuites et les ethnologues.

 Comment s'habillent-ils ?

Ils sont aujourd’hui habillés de shorts, chemises, T-shirts et grandes jupes pour les femmes, en coton et en lin, comme le sont souvent les paysans pauvres de toute l'Amérique latine.

Autrefois, les hommes ne portaient pas de vêtement mais un pagne et se paraient de coiffes en plumes des plus beaux oiseaux tropicaux, de piercings dans la lèvre inférieure, le corps soigneusement épilé. Les femmes portaient de longues robes tissées.

 Comment sont leurs maisons ?

Dans les villages d'aujourd’hui, de petites cabanes de planches et de tôles ont remplacé les maisons traditionnelles. C'étaient des maisons de grande taille qui abritaient plusieurs familles : de simples toits à deux pentes recouverts de palmes assemblées avec des lianes. Le foyer brûlait à l’intérieur, car la fumée éloigne les moustiques. Le mobilier était simple : des hamacs, des escabeaux de bois et des étagères pour les jarres.

Mais beaucoup de groupes guarani, chassés de leurs terres, sont contraints de camper dans des bidonvilles au bord des routes, sans eau ni électricité et sans hygiène.

Dans un village guarani au Brésil

Dans un village guarani au Brésil © Fiona Watson/Survival

 Quels animaux vivent autour d'eux ?

Le coati, qui a l'aspect du raton laveur avec son masque noir sur la figure et son museau long et agile, est un mammifère omnivore de 40 à 70 cm de long. C'est un excellent grimpeur.

Le daguet, cervidé de taille moyenne au pelage brun grisâtre, le tatou, le macaque, le puma, le crocodile, et toutes espèces de serpents, toucans et perroquets habitent aussi la forêt.

 Que mangent-ils ?

Traditionnellement ils brûlaient un espace de forêt pour le défricher et y cultiver du maïs, du manioc, des haricots, du tabac et du coton.

Aujourd’hui, ils cultivent aussi des patates douces, des concombres et des pastèques. Ils recueillent les fruits du caroubier, du cactus, du palmier et le miel sauvage. Ils élèvent des poules, des chèvres et des cochons. Pour les fêtes, ils préparent de la bière de maïs, mais de plus en plus, ils achètent de la bière industrielle, ainsi que du riz, de la farine de blé pour faire des galettes, des pâtes, du sucre et de l'huile. Les femmes cuisinent sur un feu alimenté de bois ramassé par les hommes. En Argentine, les aliments cuits sont servis dans un bouillon tandis qu'au Paraguay, ils sont plutôt rôtis.

C’est la coutume de partager la nourriture, qu’elle soit récoltée ou achetée. Toute personne peut en demander à son voisin, qui ne peut pas refuser. Les Guarani préfèrent partager les aliments plutôt que les garder pour plus tard. Ils ne font jamais de réserves, contrairement à de nombreux autres modes de vie où l'on stocke dans un grenier, un placard ou un congélateur.

 Comment chassent-ils ?

Les Guarani chassaient dans la forêt avec des arcs et des flèches à lame tranchante ou empoisonnées au curare (voir la recette du curare dans l'article de décembre 2005, "Des herbes si précieuses"). Ils piégaient aussi le gibier dans des trappes camouflées sous des feuillages. Ils capturaient les perroquets et les singes pour les revendre comme animaux de compagnie.

Aujourd’hui, à proximité des cultures, ils chassent avec des pièges ou des carabines les oiseaux, les lièvres, les daguets et les tuka-tuka, sortes de taupes.

 Quels sont leurs croyances et leurs rites ?

Les Guarani croient que la "Terre sans mal" est le lieu où reposeront les âmes après la mort, et ils continuent à espérer la trouver un jour. Ils s’adressent aux dieux par de "Belles paroles" qu'ils se transmettent depuis des générations. Dans chaque communauté, le chamane, ou karai, est un homme-médecine qui a le pouvoir de parler aux dieux et aux esprits, de guérir et d’influencer le cours des choses, comme de faire tomber la pluie. Il existe de nombreux mythes guarani : les aventures de Soleil et Lune, les Jumeaux, et bien d’autres, associés aux cavernes, aux cours d’eau, aux champs, aux collines, à la mort, à la guerre.

 Comment sont leurs fêtes ?

On prépare de grandes quantités de bière de maïs pour les fêtes qui durent plusieurs jours, accompagnées de chants et de danses.

Au cours des rites d'initiation qui préparent à l’âge adulte, les garçons apprennent les mythes et les "belles paroles" pour s'adresser aux dieux, et les règles morales de la communauté. Ils passent de nombreuses épreuves pour s’endurcir et devenir des guerriers et ils peuvent ensuite choisir une épouse.

Guarani en costume traditionnel dans un village du Brésil
Guarani en costume traditionnel dans un village du Brésil 
© Fiona Watson/Survival

 Quelles œuvres d'art produisent-ils ?

Les Guarani fabriquent aujourd’hui des bols en céramique, des sculptures en bois représentant les animaux de la forêt et des vanneries. Ils les vendent aux touristes aux abords des anciennes missions et le lond des routes. Leur artisanat a perdu de sa beauté en devenant de la production en série destinée à des clients étrangers de passage.

 Quels sont leurs problèmes dans le monde actuel ?

Les Guarani du Brésil ont terriblement souffert du vol de presque toutes leurs terres. Ils considèrent que cela constitue une offense contre leur religion aussi bien qu'une destruction de leur mode de vie et de leurs moyens de subsistance. Des milliers d'entre eux sont maintenant entassés sur de très petites parcelles, de plus en plus cernées par les fermes d'élevage et les plantations. La terre dont ils disposent n'est pas suffisante pour qu'ils puissent subsister de leurs activités traditionnelles.

Au Brésil, ils occupaient 8 000 hectares de forêts dans le Mato Grosso do Sul, dont ils ont été expulsés par les planteurs de soja et les éleveurs de bétail. Au Paraguay, 10 000 Guarani vivent dans des communautés agricoles dont les territoires se réduisent pour les mêmes raisons. En Argentine, les Mbya-guarani vivent dans une réserve de la forêt de Parana qu’une exploitation forestière considère comme sa propriété privée ; leur territoire a été réduit.

Ils sont contraints de travailler pour les grandes fermes où ils sont très mal payés. Il sont également endettés par les achats à crédit des produits alimentaires qu'ils sont obligés d'acheter pour survivre. Cette situation les a conduits à de graves dépressions. 320 d'entre eux se sont suicidés entre 1986 et le début de l'an 2000, le plus jeune n'étant âgé que de neuf ans.

Survival mène campagne au Brésil pour que leur terre soit restituée aux communautés guarani. Le 27 octobre 2007, le président du Brésil reconnaissait le territoire des Guarani-Kaiowá. Il s'agissait là d'une immense victoire pour les Indiens.

Guarani (1)

Guarani (2)

 

 

 

 

Mode de vie traditionnel guarani du Paraguay

À l’arrivée des colonisateurs européens, les Guaranis sont un peuple semi-nomade, vivant surtout de chasse, de pêche et de cueillette. Les groupes de langue tupi-guarani et karaivé-guarani vivent sur un large territoire, des Guyanes au nord de l’Argentine, du Brésil à l’Est de la Bolivie. Les villages guaranis sont installés le long des fleuves Paraná, Uruguay et Paraguay jusqu’aux îles du Delta du río de la Plata. Ils s’organisent socialement en familles élargies dans une grande maison communautaire, la maloca. Le cacique répartit les terres et les femmes aux chefs, polygames. Ils cultivent du maïs et du manioc, avec lesquels ils fabriquent une boisson fermentée, la chicha. Ils ont découvert une herbe qu’ils mâchent ou infusent dans l’eau, l’herbe maté.

Maloca
Maloca

Habitant des régions chaudes, les Guaranis vivent nus, le corps orné de bijoux et de peintures. Les grandes étapes de la vie –entrée dans l’âge adulte, mariage, naissance, mort– sont l’objet de fêtes ritualisées, avec chants et danses. Les Guaranis croient en une vie après la mort et cherchent à atteindre la Terre sans mal (Tierra sin Mal), aidés par les chamanes. Ce sont leurs pratiques anthropophagiques qui ont constitué le plus grand choc culturel avec les Européens. Ce cannibalisme avait un fondement rituel et se pratiquait essentiellement contre les ennemis Tupis.


 

Colons espagnols et Jésuites

Les Guaranis choisissent de s’allier aux Espagnols munis d’armes à feu inconnues pour eux, pour les aider à faire face à leurs ennemis. Mais ils sont rapidement soumis au système de l’encomienda, engagés de force pour les travaux les plus durs. Leur peuple est en partie décimé par des maladies inconnues jusque-là: la grippe, la variole, etc. Quand les Jésuites commencent à installer leurs missions, ils y voient une planche de salut, un moyen d’échapper au servage. Après l’expulsion des Jésuites, certains retourneront à la forêt, d’autres seront utilisés comme main d’œuvre corvéable dans les grandes fincas.


Finca


 

Ce sont les Jésuites qui ont transcrit le guarani, la seule langue indigène à être langue officielle dans un pays d’Amérique du Sud, le Paraguay. En 2004, elle a été reconnue seconde langue officielle dans la province argentine de Corrientes, et langue officielle du Mercosur, avec l’espagnol et le portugais, en 2006. Les missions ont donné leur nom à la province où elles étaient implantées, Misiones. De 3000 à 5000 Guaranis y vivent, dans environ 75 villages. Huit communautés sont installées dans la forêt de la réserve de biosphère de Yabotí. (Argentine) 


réserve de biosphère de Yaboti


 

Le peuple guarani aujourd'hui

Les Guaranis vivent au Paraguay, au sud du Brésil et dans le nord de l’Argentine, où 14.000 personnes déclarent appartenir à ce peuple, selon l’enquête sur les peuples indigènes réalisée en 2004-2005. Une partie d’entre eux ont conservé le mode de vie traditionnel nomade, pratiquant la chasse, la pêche et la cueillette. Comme beaucoup de peuples amérindiens, les Guaranis ont un grand respect pour la Terre, et donc pour l’environnement, et sont étrangers à la conception occidentale de propriété privée et de négociation commerciale. Leurs conditions de vie sont extrêmement précaires : leur territoire traditionnel étant grignoté par l’agriculture et l’élevage, ils manquent de terres et sont soumis à de forts risques de malnutrition et de maladies comme la tuberculose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

Date de dernière mise à jour : 05/05/2020

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