PEUPLES AMERINDIENS indiens des Amérique

les Arhuacos

 

 

 

 

 

 

Les Arhuaco 

 

 

 

 

 

Les Arhuacos sont une ethnie indigène de la Colombie. Ce peuple est concentré au nord de la Colombie dans la Sierra Nevada de Santa Marta, massif montagneux de la cordillère des Andes.

  
Sierra Nevada de Santa Marta

Les Arhuacos sont issus de la culture tayrona. Leur langue, l'arhuaco, appartient à la filiation des langues chibchanes, de la famille des langues amérindiennes.

Peuple d'agriculteurs et d'artisans, avec une organisation traditionnelle « politico-religieuse », les Arhuacos sont profondément pacifistes. Ils sont cependant souvent impliqués, contre leur gré, dans les conflits dont la Sierra Nevada de Santa Marta est le théâtre.

Le peuple Arhuaco est aussi appelé : Ica, Ika, Ike, Ijka, Aruaco, Bintucua, Bintuka ils sont apparenté au Tayronas.  Les Arhuacos sont concentrés dans la Sierra Nevada de Santa Marta, principalement dans les départements de Magdalena, au nord de la Colombie, et de Cesar, au nord-est de la Colombie. En 2005, le DANE (Censo Nacional de Población) dénombre 22 134 Arhuacos. Une autre source indique, en 2014, le nombre de 27 000 indigènes arhuacos.

Langues
La langue de ce peuple est l'arhuaco,  dont l'écriture se décline en alphabet latin. L'arhuaco appartient à la filiation des langues chibchanes.
Une partie de la population est monolingue. L'espagnol est principalement parlé par les hommes ainsi que par les jeunes Arhuacos d'âge scolaire.

Histoire
Les Tayronas, peuple bâtisseur contemporain des Incas, et ascendants des Arhuacos, ont vécu dans une paix relative avec leurs vainqueurs pendant les soixante-dix premières années suivant la conquête espagnole, puis se sont rebellés. La rébellion a été écrasée et les Tayronas ont fui dans la Sierra Nevada de Santa Marta afin de reconstituer leur société.
Les Arhuacos, considérés comme les premiers habitants de La Guajira, en ont été chassés par les Wayuu ou Guajiros. Mais les Wayuu se méfient d'eux car ils leur attribuent des pouvoirs, telle la maîtrise de la magie et du surnaturel.

 
Désert de la Gujira en Colombie


ethnie des Wayuu

 
ethnie Guajiros


Dans la Nouvelle Géographie universelle, le géographe et écrivain français Élisée Reclus (1830-1905) pose la question de « l'origine de ces Arhuacos, dont le nom coïncide avec celui d'une grande famille de peuples indigènes dans les Guyanes, au Venezuela et au Brésil ? Appartiennent-ils à la même race et descendraient de fugitifs. 


Elisée Reclus

Dans le Bulletin (1985) de la Société suisse des Américanistes (en allemand : Schweizerische Amerikanisten-Gesellschaft), édité par le Musée d'ethnographie de Genève, on peut lire : « Il s'agit, en bref, d'un ethnocide (
destruction de l'identité culturelle d'un groupe) pur et simple puisque l'objectif principal n'est autre que de faire disparaître le peuple, la culture et l'identité arhuaco. Face à cette emprise dévastatrice, les Arhuacos commencent la longue et pénible marche.
Depuis les années 1980, les Arhuacos dénoncent les exactions opérées sur leur territoire par les guérilleros et les militaires. La Sierra Nevada de Santa Marta est le théâtre de violents affrontements entre l'armée, la guérilla d'extrême gauche et les groupes paramilitaires d'extrême droite. On compte de nombreuses victimes parmi les indigènes impliqués, malgré eux, dans ces conflits.
Le 12 décembre 1990, trois leaders arhuacos, Luis Napoleón Torres, ex-gouverneur des Arhuacos, Hugues Chaparro, autorité de la zone orientale, et Angel María Torres, secrétaire général de l'organisation ethnique10 sont assassinés12. Ils se rendaient à Bogota afin de s'entretenir avec les candidats indiens aux élections à l'Assemblée constituante colombienne et sont arrêtés par une milice armée.


Peuple profondément pacifiste, les Arhuacos subissent, entre 2000 et 2006, des enrôlements forcés, des vols et des menaces.
Le 8 novembre 2012, le gouverneur Rogelio Mejía échappe à un attentat dans lequel sa voiture a été criblée d'une quarantaine de balles.

  
Rogelio Mejia et son véhicule criblé de balles

Organisation politique et autorités indigènes

Les Arhuacos se sont organisés, avec trois autres peuples, distincts mais apparentés, vivant sur les versants de la Sierra Nevada de Santa Marta, les Kogis, les Wiwas et les Kankuamos (es), en mouvements politiques importants pour défendre leurs droits.

L'organisation politique représentative du peuple arhuaco est la Confédération indigène Tayrona (CIT) (en espagnol : Confederación Indígena Tayrona).

L'organisation politique Gonawindúa Tayrona (OGT), fondée par les mamos (les prêtres ou sages) des peuples arhuaco, kogi et wiwa le 21 janvier 1987 afin de défendre leurs intérêts face à l'augmentation des pressions occidentales, est leur porte-parole. Le Gonawindúa Tayrona envoie des délégations à Bogota afin de rencontrer des ministres et des fédérations des droits de l'homme. La juridiction et la compétence de l'OGT représentent 60 villages indigènes, dont 28 villages arhuacos, et couvrent une superficie de 428 432 hectares.

L'organisation Wiwa Yugumayun Bunkwanarwa (OWYB) représente le peuple wiwa et l'organisation indigène Kamkwamo (OIK) le peuple kankuamo.

 
Peuple Kankuamo

La traduction du terme "autorités indigènes" confirme, dans différentes langues indigènes, « l'impact de la nature et du degré de relation qu'entretient le groupe ethnique avec la société majoritaire. » Ces traductions en arhuaco et en wayuu « se construisent toutes deux sur l'idée d'"autorité du vieux" et induisent la notion de respect. ».

En 1995, la Constitution de la Colombie crée les Entités territoriales indigènes (ETI) pour les communautés indiennes. Comme les départements, ces entités doivent jouir d'une certaine autonomie. « Une entité territoriale indigène inclut  les zones qu'habite la communauté mais aussi les territoires que celle-ci, à l'aune de sa cosmovision, considère comme sacrés ainsi que ceux dont elle a besoin pour maintenir sa culture et ses traditions ».

Selon le décret de Loi 2164 de 1995, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, les territoires des groupes Arhuaco, Kogi, Wiwa et Kankuamo sont situés sur trois départements : Cesar, Magdalena et La Guajira. Mais, à cause de son manque de clarté, ce projet est rejeté tant par le gouvernement que les peuples indigènes17. Ces derniers ayant « une conception extensive du territoire, liée au cosmos et à la nature », quel territoire couvrirait cette entité ?

   
Départements de Cesar, Magdalena et La Guajira

 

En novembre 2006, les associations "Tiens bon la pente" et "Tierra viva", ont organisé à Lyon une soirée de solidarité pour les Arhuacos qui « sont obligés de fuir les zones de combat et se voient contraints à se déplacer toujours plus haut dans les montagnes où les terres ne sont pas fertiles et où leur situation est de plus en plus précaire. » Cette soirée comportait, entre autres, la présentation d'un film produit par les Arhuacos : Aracataca, la Rivière de l'Entendement, exprimant leur vision du monde18[source insuffisante].

Le Centre québécois de formation pour les jeunes en matière de droits humains (CQF), Jwawika, association suisse, la Confederación Indígena Tayrona et les Arhuacos ont collaboré à un projet de solidarité internationale, soit la mise en place d'une formation de dix jours, en juillet 2012, destinée à une vingtaine de jeunes Arhuacos. Cette formation avait pour but de renforcer les capacités d'actions de jeunes leaders auprès de leur peuple « en leur donnant des outils pour œuvrer dans la défense de leur communauté et dans la diffusion de leurs savoirs ancestraux », avec la présence d'intervenants, professeurs de l'université du Rosaire (Bogota) et de l'université d'Antioquia (Medellín

 

 

Date de dernière mise à jour : 01/07/2023

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