les Waraos
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Les Waraos En 1599, le conquistador Alonso de Ojeda remonte le fleuve Orénoque. À la vue de ses villages sur pilotis édifiés sur les eaux, Ojeda compare ses cités lacustres à la ville de Venise dont les bâtiments sont bordés par de nombreux canaux. Il nomme cette région du Venezuela, la « Petite Venise ». La difficulté du terrain a en partie préservé les Waraos de l’extermination par les guerres, l’esclavage et les pandémies. Les Waros ne sont pourtant pas à l’abri d’infections récentes, près qu’une quarantaine de Waraos sont morts en l’an 2008 d’une maladie infectieuse. Ils ont néanmoins subis une acculturation, la migration et la pauvreté dans le Delta de l’Orénoque au cours de ces dernières décennies. Les Waraos sont un important groupe ethnique amérindien de près de 30 000 personnes, répartis sur les territoires côtiers
Le territoire des Waraos s'étend sur le delta du fleuve l'Orénoque jusqu'au nord-ouest de la Guyana où vivent un millier de Warao. Il existe autour de 250 villages formant des cités lacustres et se composant de huttes sur pilotis en raison de la présence des marécages près desquels ils vivent. Parfois, un groupe de maisons est construit sur une plateforme unique faite d'un grand nombre d'arbres. Les villages possèdent une fosse de cuisson au four d'argile situé dans le centre. Les Waraos pratiquens l’horticulture. Ils ne chassent pas et ne consomment pas de viande en raison de tabous ancestraux. Le mobilier se compose essentiellement de hamacs et de tabourets en bois, parfois sculptés en formes d'animaux.
Les Warao se déplacent le plus souvent en pirogues, soit de petites tailles soit très grandes appelées « bongo » qui peut embarquer près d'une cinquantaine de passagers.
Leur base alimentaire demeure le poisson. Ils mangent également des crabes, des fruits et des légumes. Les Waraos pratiquent l'horticulture. Ils ne chassent pas et ne consomment pas de viande en raison de tabous ancestraux. Les Waros indiens du delta de l’Orénoque sont connus sous le nom de Waraos. Les dénominations Guaraos ou guaraunos, que l’on peut rencontrer dans d’autres écrits, ne sont que les noms d’une des 5 ou 6 tribus que regroupait encore au début du siècle cette nation indienne. Si certaines différences de langue et de type persistent encore suivant la région du delta que l’on visite, le nom de Warao est désormais appliqué à l’ensemble des clans. Les indiens vivant prés de l’embouchure du Mariusa, sur le golfe de Paria, ont un physique trés particulier. Leur visage est taillé au couteau, un peu à la manière des personnages de Corto Maltesse. Leur langage conserve des tournures et un vocabulaire que ne comprennent pas toujours les indiens venus de l’intérieur du delta. En fonction des variantes que l’on peu noter dans la langue Warao, régions peuvent encore se distinguer. D’autre part, le travail, les ressources, et le mode de vie varient suivant le milieu. Les indiens de la côte vivent de la pêche et de l’exploitation du palétuvier, ceux de l’intérieur de la chasse et de l’exploitation du coeur de palmier.
Les Waraos vivent dans une société matriarcale, c'est l'homme qui se déplace pour se marier vers la famille de sa future épouse. La naissance d'une fille a été traditionnellement considérée comme plus importante que celle d'un fils. Traditionnellement, le jeune homme doit construire une maison, faire une pirogue et créer un jardin potager. Les femmes restent toute leur vie dans la cellule familiale et constituent le fondement de la société. Les règles sont le mariage exogame, c'est-à-dire l'un des époux a dû venir d'un autre village. Ils ne peuvent donc pas être directement liés et ainsi éviter toute consanguinité. Pendant le mariage, l'homme apporte les fruits de son travail (principalement de la pêche) dans le ménage de ses beaux-parents. Les parents de la femme peuvent décider de séparer leur fille d'un homme qu'il ne juge pas à la hauteur de ses tâches. En cas de séparation du couple, la propriété entière demeure à la femme. En outre, l'héritage de la propriété sont régis par les droits matrilinéaires, qui tisse un lien prépondérant de la mère à ses filles. Aujourd'hui, cette structure a changé, et les hommes profitent du cadre juridique des États souverains (Venezuela et Guyana). La race Warao est aujourd'hui plus que jamais en confrontation avec le monde civilisé, à un carrefour important de son évolution.
La famille Warao vit dans des carbets en bois.
Ces constructions sans mur restent ouvertes sur l'extérieur. Leur toit en palme de temiche leur assure une étanchéité de quelques années. Elles sont surélevées de plus d'un mètre pour échapper à l'humidité et à la marée montante. Toute le famille vit sous le même toit. Le régime étant matriarcale, l'homme vient habiter chez sa femme et s'installe chez ses beaux-parents. La nouvelle famille se réserve alors un coin du carbet. Il n'est pas rare de rencontrer ainsi plus de vingt personnes vivant sous un toit d'une cinquantaine de mètres carrés. Dans la journée, une partie des hamacs reposent sur les traverses pour ne pas génér le passage.A la nuit venue, on les réinstalle, parfois sur plusieurs niveaux, les hamacs des enfants pouvant se superposer ou se croiser. Quand la situation devient vraiment inconfortable, l'une des nouvelles familles construit son propre carbet, en général dans le voisinage. L'entretien des carbets laisse à désirer. Les troncs du palmier manaca, qui forment le plancher, pourissent régulièrement et ne sont pas automatiquement remplacés. De même, des goutières apparaissent peu à peu dans la toiture. Le warao n’est rien sans la curiara (pirogue). On la retrouve depuis sa mythologie surgissant avec le premier ancêtre "haburí" qui, à la suite de son périple dans le Delta se transforme en déesse du soleil levant, le serpent Daurani. Ces embarcations sont faites à partir d’un tronc unique creusé et incendié à l’intérieur afin de l’ouvrir et d’en étirer les côtés. Les warao sont de taille moyenne, robustes et généralement sans barbe. Vivant sur l’eau, ils ne prêtent pas beaucoup d’importance à leur garde-robe. Antérieurement, ils utilisaient le buja appelé aussi guayuco fabriqué de fibres de palmes de curagua (Bromelia fastuosa) ou de toile de 12 à 15 cm., qu’ils passaient entre les jambes pour laisser retomber sur le devant comme un tablier. Les femmes, généralement les décoraient de perles et plumes de couleurs étincelantes et à l’aide des fibres de curagua, s’ornent bras et jambes de bracelets bien serrés.
Bien que l’économie des waraos soit basée sur la pêche, la chasse et la collecte de fruits sylvestres et crabes en période sèche. Le Delta étant un oasis de ces ressources, le peuple warao est un peuple sédentaire, vivant également de l’exploitation du bois et du commerce d’artisanat. L’agriculture, bien que rare, se pratique sous forme de conuco. Du conuco, ils rapportent le yuca (manioc) avec lequel se préparent différents aliments dont le kasabe et une boisson bien particulière, le paiwari, fermentée par la salive.
Dans les zones marécageuses, éparpillés dans l’eau salée, poussent de grands palmiers. Le moriche (Mauritia flexulosa) qui est fondamental la subsistance des indigènes. Du centre de son tronc, ils tirent la farine yurima dont ils préparent un pain et qu’ils utilisent pour certains rituels sous forme d’offrande Ils s’en alimentent également des fruits et des larves qui les occupent et confectionnent le toit de leur maison ainsi que leurs ustensiles, outils de travail et l’artisanat.
Les waraos se regroupent en subtribues de caractère endogamique. Ces petits villages sont dirigés par un ancien, le “gobernador” accompagné d’un “capitàn”, d’un “fiscal”, ... dénotations empruntées au créoles dont les rôles principaux sont l’organisation tant du travail communal que des événements culturels et traditionnels. Ces titres sont attribués essentiellement aux hommes alors qu’à l’intérieur du foyer, l’autorité et l’organisation sont matriarcales. La famille nucléaire reste l’unité socio-économique et tourne autour de la plus âgée des femmes de la maison. Généralement, c’est la mère des épouses qui gère l’économie du foyer en s’appropriant et redistribuant la collecte de son mari et de ses beaux-fils; ceux-ci allant travailler pour la famille de leurs épouse jusqu’à qu'ils forment leurs propres foyer. L’éducation se fait d’une manière douce et naturelle, sans obligations ni réprimandes. Les plus jeunes apprennent en observant et imitant les adultes dans leurs tâches journalières différentes suivant le sexe, et assimilent les règles morales et sociales en écoutant les comptes et les mythes des plus anciens, dont les sanctions sont toujours la honte et le rejet de la communauté. Près des maisons, il est fréquent de découvrir de petits temples ou kuaijanoko construits pour vénérer le grand Jaburi (esprit maximum). On y dépose les maracas sacrées et la fécule de moriche en offrande qui sera convertie en yuruma pour les fêtes rituelles de Najanamu. Les waraos attribuent une grande importance au sacré. Comme la plupart des ethnies d'Amérique, le personnage le plus important et respecté de la communauté est le shaman ou piache. C’est à la fois le guérisseur et le médiateur du monde réel au spirituel. Son initiation est rude et ses connaissances sont immenses, de même que ses talents de prestidigitateur. Il peut être soit homme mais aussi parfois femme. Les waraos ont la réputation de former un peuple gai et fêtard. Leurs danses uniques, leurs chants et leur culture musicale forment un grand répertoire. Leurs principaux instruments sont les esemoy instruments à vent dont le lengüeta, le dau-kojo (fabriqués de yagrumo), najsemoi (de moriche), kariso (sorte de flûte à pan) et le mujúsemoi (fabriqué à partir de l’os du tibia d’un cerf). Autres instruments sont les maracas, le euru tambour en peau d’araguato (singe hurleur ou alouatta seniculus) et le violon d’origine européenne.
Mais les waraos sont aussi un peuple en danger, dont l’éthique et les traditions se trouvent menacées par l’exploitation massive, les politiciens, la corruption administrative et l’ensemble des fonctionnaires incompétents. L’utilisation des warao comme main d’oeuvre ouvrière, l’introduction de salaires et de principes créoles provoquent une sorte de désintégration culturelle dans son fonctionnement et son organisation tant sociale que laborale. Les waraos n’en restent pas moins un peuple unique. Leur langue ne se répertorie avec aucunes autres. L’ensemble de leur culture liée à l’occupation des “caños” remonte à plusieurs millénaires, selon leur propre tradition orale. Ce peuple est comme surgi de l’histoire sans autre origine culturelle sinon la sienne.
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Date de dernière mise à jour : 17/08/2016


























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