Black Elk

 

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Black Elk "Hehaka Sapa"
En français wapiti ou élan noir.
né le 1er décembre 1869 mort le 19 août 1950 à 86 ans

 

 

 

 

 

Black Elk est un docteur et homme sacré de la tribu des indiens Lakotas (Sioux). Il fut un petit cousin du célèbre chef indien Crazy Horse.
Il participa à l’âge de 13 ans à la bataille de Little Big Horn en 1876 et fut blessé en 1890 lors du massacre de Wounded Knee.
En 1887, il voyagea en Angleterre au sein du spectacle Wild Wild West de Buffalo Bill, et se perdit à Londres, devant y séjourner durant deux ans dans l'attente du retour de William Cody en 1889, dans le cadre de ce qu'il décrivit ultérieurement comme une pénible expérience (au chapitre 20 du recueil de souvenirs publié sous le titre Black Elk Speaks.
Ses mémoires, retranscrites en 1932 par John Neihardt et Joseph Epes Brown, révélant certains rituels lakotas, furent un succès de librairie.

Black Elk est né en 1863, et a donc vécu de sa naissance jusqu'en 1877 dans les Plaines, suivant le mode de vie traditionnel des Lakotas. Il raconte dans ses mémoires ses souvenirs sur les batailles de Fetterman (il a alors seulement trois ans, et précise par ailleurs qu'il ne peut “distinguer exactement ce que j'ai appris comme adulte et ce que j'avais compris étant petit”) et de la bataille de Little Big Horn, à laquelle il a participé, armé d'un revolver, et au terme de laquelle il a pris un scalp sur un mort). Il a alors treize ans. L'année suivante, sa famille se rend à Fort Robinson quelques jours avant la reddition de Crazy Horse. Après le meurtre de ce dernier, les siens fuient cependant la réserve pour le Canada, où ils rejoignent Sitting Bull, mais, poussés par la faim, se rendent à Fort Keogh en juin 1880.

Il a à neuf ans quand il reçoit sa grande vision, vision dans laquelle il reçoit une mission, des ordres, et de nombreuses années s'écoulent avant qu'il n'en fasse le récit à quelqu'un. La vision qu'il a reçu le charger d'un rôle important, puisqu'il devait guider son peuple.

Black Elk, désireux de fuir la vie de réserve et en soif d'aventure, rejoignit en 1887 le Buffalo Bill's Wild West Show. Il participe notamment à Londres au jubilé de la reine Victoria, et est chargé de danser devant la reine. Il se perd pourtant avec quelques amis à Manchester, et est abandonné par la troupe sur le sol anglais. Pour vivre, il est alors obligé de rejoindre un autre cirque, le Mexican Joe, qui le conduira à Paris, où il retrouvera la troupe de Buffalo Bill en 1889.

En 1890, les réserves sont ravagées par la misère, l'alcoolisme et la faim. Les troupeaux de bisons ont été entièrement exterminés par les Américains (il ne reste alors que quelques centaines de spécimens à Yellowstone) et les Indiens se voient interdire de perpétrer leur mode de vie et leurs traditions (la Danse du Soleil fut interdite), la corruption quant à elle ravage le Bureau des Affaires Indiennes, réduisant la quantité des biens et denrées distribués aux Indiens. C'est dans ce climat de misère que la Danse des Esprits va se répandre dans les réserves, promettant la disparition des Blancs et le retour des bisons. Black Elk se joint au mouvement, et devient même l'un des chefs. Menacé d'arrestation, il fuit en novembre Pine Ridge. Le 15 décembre, Sitting Bull est assassiné par la police indienne chez lui. Le 28 décembre, la bande des danseurs de l'Esprit de Big Foot est encerclée par le septième de cavalerie. Le 29, c'est le massacre de Wounded Knee, auquel Black Elk assiste.

Il est attiré par le bruit de la fusillade, rejoint le camp et combat, quoique faiblement armé (seulement d'un bâton sacré).

Il fuit les Blancs et les combat ensuite, rejoignant, désireux de venger ceux qu'il a vu mourir, les Indiens qui ont fui la réserve et attaquent à présent les soldats américains. Il se bat les jours qui suivent, charge héroïquement les soldats mais est finalement blessé à l'abdomen par des tirs. Il se rend le 15 janvier, en même temps que les derniers combattants.

La guerre finie, la frontière supprimée, Black Elk utilise les pouvoirs qui lui ont été donné par la "Grande vision' qu'il a eu dans sa jeunesse pour se mettre au service de son peuple. Il raconte que dans sa jeunesse déjà il avait guéri d'autres personnes, ce qu'il fera ensuite au long de sa vie. Il se marie et à trois enfants.

En 1904, alors qu'il mène une procession chamanique, il est écarté par un prêtre qui se met à prier pour le malade. Impressionné, Black Elk se convertit au catholicisme et est baptisé sous le nom de Nicholas Black Elk.

Il fut le dernier Gardien de la Pipe, le dernier grand Homme-médecine lakota. À la fin de sa vie, devenu aveugle, il reviendra à la religion de ses ancêtres. Black Elk savait lire et écrire en lakota. Pour sauver les dernières traditions et transmettre sa vision, qu'il estimait n'avoir pas réussi à accomplir, il dicta en en 1930 ses mémoires à John G. Neihardt, publiées en 1932 sous le titre de Black Elk speaks, et en 1947 à Joseph Epes Brown, les traditions et les rites des Indiens Sioux, publiés sous le titre de The Sacred Pipe.

Il meurt à Pine Ridge en 1950.

Publié pour la première fois en 1932, le livre coécrit par John G. Neihardt et Black Elk, s'il rencontre l'approbation des critiques et des milieux littéraires, n'a pas beaucoup de succès en librairie. Il faudra attendre le renouveau amérindien dans les années 1960 pour que le livre suscite à nouveau l’intérêt, et fait à cette occasion l'objet d'une réédition. Depuis, il est régulièrement réédité, puisqu'il s'agit de l'un des premiers livres qui donne voix aux Indiens d'Amérique et soit juste à leur égard.

Ce livre n'est cependant pas la transcription parfaite des propos de Black Elk, car ils ont été reformulés, commentés par John G. Neihardt, dans le but de les rendre plus accessibles au grand public, mais demeure cependant une excellente référence concernant les Indiens des Plaines.

Black Elk a précisé qu'il s’agit, non pas simplement de l'histoire de sa vie, mais bien de l'histoire de sa vision, vision qu'il reçut à l'âge de 9 ans, et qui lui commandait notamment de sauver son peuple, ce que Black Elk pense n'avoir pas réussi à faire même si, pour Neihardt, ce livre permet peut-être de la réaliser.

 

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Date de dernière mise à jour : 05/01/2016